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Culte du dimanche : Assaut

posté le 05/02/2012

assaut culte

Puisque John Carpenter a droit √† une sortie directement en video de son petit The Ward,¬† revenons sur l’un de ses premiers films qui a lui-aussi droit √† une ressortie en bluray, Assaut.

Il est toujours int√©ressant de se replonger dans les premiers films de certains r√©alisateurs. En particulier lorsque ceux-ci ont des univers marqu√©s et des th√®mes qu’ils explorent toujours plus en profondeur dans leur filmographie. Et bien souvent, on s’aper√ßoit que tout √©tait d√©j√† pr√©sent dans leur premier film. C’est le cas pour John Carpenter qui signe avec Assaut un d√©but de carri√®re discret.

Assaut n’est pourtant pas le premier film de Carpenter, mais c’est le premier qu’il tourne d’une traite (pour son premier film, Dark Star, il en avait tourn√© un court-m√©trage de fin d’√©tude qu’il a ensuite pu allonger). Grand fan de Rio Bravo mais sachant pertinemment ne pas avoir le budget pour en r√©aliser sa propre version, il va soumettre un sc√©nario plus r√©aliste √† son producteur sous le pseudonyme de John T. Chance (pseudo emprunt√© au Rio Bravo d’Howard Hawks qu’il r√©utilisera pour se cr√©diter en tant que monteur du film). C’est donc dans un commissariat √† l’abandon, avec un casting d’inconnus, que se d√©roulera l’action de son film d’exploitation.

Assaut raconte ainsi l’histoire de quelques policiers et prisonniers d’un commissariat en voie d’√™tre d√©saffect√© assi√©g√© par un groupuscule dont on ignore les motivations si ce n’est qu’ils sont sans piti√©. Le sc√©nario est basique, les personnages peu d√©velopp√©s, la mise en sc√®ne de Carpenter encore un peu h√©sitante et sa direction d’acteur laisse un peu √† d√©sirer. Le film, comme beaucoup de films d’exploitation, a m√™me assez mal vieilli. Et pourtant, il se d√©gage d’Assaut une atmosph√®re prenante et une tension qui ne retombe jamais pendant 1h30, signe que malgr√© ses d√©fauts de d√©butant, Carpenter a un √©norme potentiel.

Il arrive d’ailleurs √† m√©langer d’une mani√®re plus qu’efficace ses r√©f√©rencesRio Bravo bien s√Ľr, mais aussi La Nuit des Mort Vivants (auquel on pense in√©vitablement lorsque l’on voit ces silhouettes qui assi√®gent le commissariat) – pour livrer un r√©cit personnel. D’autant plus personnel que Carpenter occupe plusieurs fonctions sur le film (ce qu’il fera r√©guli√®rement tout au long de sa filmographie). Sc√©nariste, r√©alisateur, monteur et compositeur (avec un th√®me √©lectronique particuli√®rement marquant), John Carpenter est un artiste complet qui montre bien qu’il peut faire de beaucoup avec un budget limit√© et une √©quipe r√©duite.

Mais ce qui frappe surtout avec le recul que l’on peut avoir sur le film aujourd’hui, ce sont tous les th√®mes que le r√©alisateur aborde ici et que l’on retrouvera ensuite sur l’ensemble de son Ňďuvre. Il y a en premier lieu l’histoire d’un groupe qui doit survivre en milieu hostile contre des ennemis √† l’allure surnaturelle que l’on retrouvera dans the Thing, Vampires ou Ghosts of Mars. Il y a aussi cet attrait pour les anti-h√©ros et en particulier les prisonniers qui doivent faire √©quipe avec les forces des conditions extr√™mes qui se retrouvera dans New-York 1997 ou Ghosts of Mars (encore). Enfin, il y a cette atmosph√®re apocalyptique, ce monde abandonn√© et violent (√† l’image cette sc√®ne marquante o√Ļ, dans une rue d√©serte, une petite fille sera abattue sans raison √† c√īt√© du marchand de glace) qui entoure le film. Un univers cruel o√Ļ l’espoir de survie est mince dans lequel on replongera avec la saga de Snake Plissken ou sa trilogie de l’apocalypse.

Avec ses d√©fauts, Assaut est loin d’avoir conquis les critiques et le public am√©ricains. C’est en Europe qu’il sera re√ßu avec plus de ferveur, lui permettant ainsi de poursuivre sa carri√®re. C’est bien parce que le film a marqu√© les esprits dans nos contr√©es et que Carpenter poss√®de une v√©ritable image d’auteur culte du fantastique que Florent-Emilio Siri a choisi, des ann√©es plus tard, de lui rendre hommage avec Nid de Gu√™pes et surtout que Jean-Fran√ßois Richet r√©alisa ensuite le remake d’Assaut.

Le bluray qui sort ces jours-ci chez Metropolitan permet de red√©couvrir le film avec une image rappelant bien les films d’exploitation de l’√©poque mais est surtout assorti d’un commentaire audio du r√©alisateur et d’une interview de 20 minutes sur le film qui feront vite oublier le quart d’heure sur les coulisses du tournages √† base de photos et de la bande-annonce d’√©poque.

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