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Cogan – Killing them softly, critique

posté le 23/05/2012 FredP

killing them softly critique

Andrew Dominik refait Ă©quipe avec Brad Pitt pour s’embarquer dans les Ă©tats d’âmes des tueurs Ă  gage. Killing The Softly prĂ©sentĂ© en compĂ©tition est bien le film noir attendu, bavard et Ă  l’humour sombre et violent et dĂ©livrant surtout un sous-texte politique particulièrement agressif.

Après le sublime L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, le nĂ©o-zĂ©landais Andrew Dominik dĂ©barque en pleine compĂ©tition cannoise en changeant complètement de registre. Du western contemplatif, il passe aujourd’hui au film noir violent qui brille par son scĂ©nario Ă©crit avec une plume acĂ©rĂ©e.

Cogan – Killing them softly s’intĂ©resse Ă  Jackie, qui doit retrouver les braqueurs d’une partie de poker entre gangsters. Il va alors s’engager dans un jeu de massacre qu’il ne soupçonnait pas. Mais plus que cette intrigue somme toute assez classique dans le genre, ce qui intĂ©resse ici le rĂ©alisateurs, ce sont les personnages. PlutĂ´t que filmer des scènes d’action et fusillades, il va s’axer sur les Ă©tats d’âme des tueurs Ă  gages, de leur prĂ©occupation sur les contrats avec leur tarifs Ă  leurs envies plus personnelles, que ce soit de la petite frappe de quartier au mogul qui s’offre leurs services.

Servis par un casting impeccable (Brad Pitt toujours au top et particulièrement cynique, James Gandolfini et mĂŞme Ray Liotta qui s’en prend plein la tĂŞte), les dialogues se rĂ©vèlent particulièrement savoureux. L’auteur se rĂ©vèle lĂ  un expert dans l’humour noir et, tel Tarantino ou les frères Coen (dont on sent clairement l’influence), arrive Ă  dĂ©crire ses personnages en quelques lignes avec un certain dĂ©calage. Il en rĂ©sulte un film d’une noirceur implacable mais aussi d’un recul salvateur sur le genre, montrant clairement les tueurs Ă  gages sous un autre jour.

Également technicien de l’image, Andrew Dominik adopte une mise en scène particulièrement soignĂ©e, parfois m’as-tu vu, mais qui offre aux sĂ©quences d’assassinat une beautĂ© et une brutalitĂ© qui rompent d’un coup les sĂ©quences plus bavardes qui prĂ©cèdent, appuyĂ©s par des choix musicaux en dĂ©calage bienvenus sur la bande-originale.

Mais ce que l’on retiendra le plus finalement de ce Killing them softly, Ă  cĂ´tĂ© des crises existentielles des tueurs Ă  gages et des sĂ©quences violentes, c’est surtout son discours politique particulièrement appuyĂ© qui n’hĂ©site pas Ă  mettre au pilori tout le système amĂ©ricain basĂ© plus sur le business que l’humain dans une diatribe finale d’un cynisme absolu et pourtant tellement vraie.

Film noir et cynique particulièrement acĂ©rĂ©, Cogan – Killing them softly est certes sous influences (et en cela, ses dĂ©tracteurs donneront surement de la voix) mais Andrew Dominik s’approprie tellement le discours et les personnages que l’on ne peut que saluer son Ă©criture servie par une mise en scène impeccable.

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