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Bellflower, critique

posté le 20/03/2012 FredP

Bienvenue dans Bellflower, l’univers fauché et apocalyptique d’Evan Glodell, un roadmovie crasseux mais avec un vrai cœur, qu’on aime ou qu’on déteste.

Bellflower, c’est le premier film d’Evan Glodell, réalisé dans des conditions quasi-amateur avec une bande de pote pour un budget minuscule mais qui représente tout de même un bon paquet pour son réalisateur. Mais ce n’est pas parce qu’on n’a pas de moyen qu’on ne peut pas être créatif et le jeune auteur en fait ici toute la démonstration. Dans Bellflower, il nous présente deux potes d’enfance, Woodrow et Aiden, fans de Mad Max qui retapent une voiture pour se rapprocher de leur film culte. Mais Woodrow va tomber amoureux de Milly, toute aussi destroy que lui et qui va lui en faire voir de toutes les couleurs.

Ce qui frappe tout de suite dans Bellflower, c’est qu’Evan Glodell y développe un univers personnel et percutant, que ce soit dans l’esthétique, dans son histoire ou dans ses personnages. On s’attache d’ailleurs immédiatement à ces deux grands gamins qui ne rêve que de leur « Medusa»  et de leur lance-flamme. On se rend compte que leur amitié sera le cœur de l’histoire, bien plus que l’histoire d’amour destructrice avec Milly. Si l’on accroche avec ces personnages, joués par des acteurs débutants mais parfaitement crédibles, on est bien parti pour apprécier le roadtrip.

Malgré son budget limité, Glodell adopté une mise en scène audacieuse, aussi foutraque qu’ordonnée. Sur le plan graphique, le soleil brule la pellicule à chaque instant pour rendre son film plus fort et plus sombre et lumineux à la fois. Une teinte typique des films post-apocalyptiques ici au service d’une love story remplie de tendresse et en même temps d’une rage destructrice. Loin d’être une simple démonstration technique, ce parti pris esthétique sert parfaitement à montrer l’apocalypse intérieure que vit Woodrow quand son histoire d’amour tourne mal.

Évidemment, ce premier film n’est pas exempt de défauts et le plus simple serait de lui reprocher un twist avant le dernier acte qui revient sur ce qui s’est passé précédemment. Mais c’est aussi l’un de ses atouts qui permet de comprendre le désordre que l’on vit et les fantasmes destructeurs que l’on imagine lorsqu’une love story se termine. Les deux potes en deviennent alors plus attachants et leur passion pour « Medusa»  encore plus cool, surtout lorsque c’est servi par une musique indé qui rend le film encore plus poétique.

Pour un premier film, Evan Glodell montre ici qu’il est un réalisateur au style personnel qui ne laisse pas indifférent et qui est à suivre de près. On se souvient de Sam Raimi et Peter Jackson qui avaient débuté dans les années 80 avec des films aussi fauchés … Glodell pourrait bien en être le digne successeur qui arrive à mettre autant technique que d’émotions dans son film pour le transformer en véritable coup de cœur.

publié dans :Cinéma Coup de Coeur Critiques ciné

  1. 20/03/2012 à 11:44 | #1

    La photographie en mode instagramm m’a un peu saoulé personnellement. L’amitié entre les potes passent trop souvent au second plan à mon gout.

    Y a plein de choses qui me plaisent dans ce film, mais au final, j’ai surtout l’impression qu’il est un peu raté :( .

  2. FredP
    20/03/2012 à 11:46 | #2

    @RenSarr en même temps, il ne faut pas oublier que c’est un premier film. Normal qu’il soit imparfait et en même temps très généreux en idées. C’est même ce qui peut faire son charme :)

  3. 23/03/2012 à 11:08 | #3

    Un bon film qui soulève quand même un problème de haute importance: Et si tu connais pas Mad Max?

  4. FredP
    23/03/2012 à 11:16 | #4

    @Bruce si tu connais pas Mad Max, ça n’empêche pas d’apprécier le film mais tu es mal barré pour survivre à la fin du monde ;)

  5. 23/03/2012 à 16:20 | #5

    A mon avis, le film est plus honnête que son esthétique brûlante (souvent vraiment sublime) le laisse paraître. Il en découle même une générosité naïve le fourvoyant malheureusement dans certains écarts et l’empêchant ainsi de devenir un vrai bon film : trop long, avec une partie de scénario à enlever et quelques scènes complètement inutiles ou ratées, faisant presque l’apologie d’un alcoolisme généralisé et banalisé à tendance « jeuniste»  assez repoussant, Bellflower n’est effectivement pas parfait. N’empêche que son ambiance si particulière, appuyée par un montage très maîtrisé, et son propos aussi simple que brutal, sont de ceux qui peuvent profondément marquer. La preuve, on s’en souvient encore un bon moment après l’avoir visionné !

  6. 25/03/2012 à 00:23 | #6

    Impossible à s’attacher à de tels attardés, le pétage de plomb de la fin est amené maladroitement je trouve… 1/4

  7. 04/09/2012 à 17:27 | #7

    Je n’ai pas réussi à le voir au ciné, mais je compte bien me rattraper maintenant qu’il est sorti en DVD !