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Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires, critique

posté le 26/07/2012 FredP

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Attention les yeux, l’illustre prĂ©sident des Etats-Unis Abraham Lincoln se met Ă  chasser le vampire devant la camĂ©ra de Timur Bekmambetov. Une rencontre si improbable qu’elle repousse les frontières du mauvais goĂ»t.

Abraham Lincoln Chasseur de Vampires … dans le titre tout est dit. Il faut parfois avoir de drĂ´les d’idĂ©es pour oser retoucher l’histoire pour y ajouter des vampires si bankable par les temps qui courent. C’est le cas de l’auteur du roman original Seth Grahame-Smith qui a donc cartonnĂ© en librairie avec ce mashup improbable (et, parait-il, plutĂ´t rĂ©ussi). Et comme tout best-seller se doit d’ĂŞtre adaptĂ© en film, autant le faire le plus rapidement possible en confiant la tâche Ă  un rĂ©alisateur qui aura dĂ©jĂ  touchĂ© aux vampires, avec un certain sens de l’image et qui ne coĂ»te pas cher. Qui peut bien rĂ©unir ces critères ? Le rĂ©alisateur de Wanted pardi ! Oui, parce qu’avant de dĂ©barquer Ă  Hollywood sur l’adaptation du comicbook de Mark Millar, le rĂ©alisateur russe avait dĂ©jĂ  officiĂ© dans son pays avec Nightwatch et Daywatch, les 2 volets d’une trilogie vampirique (oui, on attend toujours la conclusion). Du coup, le studio se dit qu’il connait son sujet. Et comme en plus son pote Tim Burton (ils ont produit ensemble le très sympathique Numero 9) accepte de produire le film, il y a un argument marketing tout trouvĂ© !

Sur le papier, l’association peut ĂŞtre assez explosive. Mais voilĂ , alors qu’Abraham Lincoln Chasseur de Vampires a tout ce qu’il faut pour devenir un gros divertissement bourrĂ© de second degrĂ©, il n’en sera rien. Le scĂ©nario essaie tant bien que mal de se donner une crĂ©dibilitĂ©, les acteurs sont super sĂ©rieux et cabotinent Ă  mort pour se donner de la consistance, bref, le mot d’ordre est le premier degrĂ© absolu. C’est d’ailleurs Ă©tonnant de voir qu’un rĂ©alisateur Ă©tranger manque Ă  ce point d’ironie et de mordant sur l’histoire amĂ©ricaine avec un projet qui ne devait surtout pas se prendre au sĂ©rieux.

Cette relecture de la Guerre de SĂ©cession devient alors rapidement lourde et sans intĂ©rĂŞt et ce n’est pas le ridicule des situations ou des scènes d’action qui nous feront rire jaune. Car il ne faut pas chercher, si le film nous fait rire par moment, ce n’est pas par ses pointes d’humour mais bien par le sentiment pathĂ©tique qu’il dĂ©veloppe. Il n’y a qu’Ă  voir la bĂŞtise du flashback sur le personnage de Dominic Cooper pour s’en rendre compte … ou le traitement des mĂ©chants vampires Ă  qui il suffit d’un peu de crème solaire pour se balader en plein jour … mĂŞme Mary Elisabeth Winstead ne peut rien faire devant l’immobilisme de Benjamin Walker (qui interprĂ©tait Liam Neeson jeune dans Dr. Kinsey … Neeson qui devait d’ailleurs interprĂ©ter Lincoln chez Spielberg, il y a de quoi avoir un pieu en plein coeur) qui devrait rester encore inconnu après la sortie du film.

Abraham Lincoln Chasseur de Vampire risque aussi de vous faire pleurer mais pas forcĂ©ment parce qu’il est Ă©mouvant … juste parce que vos yeux risquent bien de ne pas s’en remettre ! En effet, Bekmambetov filme son histoire n’importe comment, avec des accĂ©lĂ©rĂ©-ralentis inutiles comme on n’en fait plus depuis 10 ans, rendant ses scène d’action illisible et d’une laideur Ă  tomber. Et quand la 3D s’en mĂŞle, c’est simplement la catastrophe, tout se brouille, les yeux piquent et le mal de crâne guette. A ce niveau, la grand scène de poursuite au milieu d’une horde de chevaux et de poussière est non seulement ridicule mais en plus horrible Ă  voir. C’est quand on voit ce genre d’images que mĂŞme les dĂ©tracteurs de Zack Snyder sont obligĂ©s de reconnaitre Ă  ce dernier un vĂ©ritable talent.

Je crois qu’il n’y a pas besoin de plus charger la mule, vous l’aurez compris, Abraham Lincoln Chasseur de Vampires est non seulement mal racontĂ© et pas drĂ´le mais en plus c’est une expĂ©rience visuelle qui vous coĂ»tera une visite chez l’ophtalmo après la sĂ©ance. Il ne nous reste alors plus qu’Ă  espĂ©rer que nous n’aurons pas Ă  subir Obama contre les loups-garous ou Nixon contre Frankenstein … quoi que, ça ne pourra pas ĂŞtre pire …

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 30/07/2012 Ă  19:05 | #1

    J’attends quand mĂŞme de me faire mon avis sur grand Ă©cran, le roman ayant Ă©tĂ© une des bonnes surprises de ces derniers mois. Ceci dit, Grahame-Smith avait Ă©galement Ă©tĂ© le maĂ®tre d’œuvre du scĂ©nario de Dark Shadows de Burton, qui ne volait pas très haut. Je ne m’attends certes pas Ă  un film de vampire qui supplantera Morse ou the Addiction, mais si au moins il s’avère ĂŞtre Ă  mes yeux un B Movie sympathique, mon plaisir sera sauf.