3 nanars sinon rien

posté le 14/05/2012

Il y a des fois oĂč des Ă©diteurs n’ont pas froid aux yeux et nous envoient Ă  l’aveugle les dvd de films dont nous de soupçonnions mĂȘme pas l’existence et sont gĂ©nĂ©ralement relĂ©guĂ©s Ă  la vente Ă  5€ en grande surface 3 mois aprĂšs leur sortie. Bien sĂ»r, on n’est jamais Ă  l’abri d’une bonne surprise mais force est d’avouer qu’avec the Guild, the Gundown et 2033 Future Apocalypse, Condor Entertainement m’a demandĂ© beaucoup de patience (il faut dire que j’en avait un peu marre de voir les DVD prendre la poussiĂšre sur l’Ă©tagĂšre des « films en attente »)… mais je me devais bien d’Ă©crire sur ces films gĂ©nĂ©reusement envoyĂ©s ?

Alors oui, on va me dire qu’il y a de trĂšs bon films qui sortent directement en vidĂ©o … et je suis bien d’accord. Combien de fois a-t-on regrettĂ© de voir Black Death, Moon, Triangle sortir dans les bacs alors qu’isl mĂ©ritaient amplement une sortie sur grand Ă©cran dans nos contrĂ©es. Mais pour ces quelques perles, combien de films doit-on subir ? Avec leurs 3 sorties rĂ©centes, Condor Entertainement varie les genres mais pas vraiment la qualitĂ©. Nous avons donc droit Ă  de la SF mexicaine, un western au rabais et une fresque nordique facilement dispensables.

Commençons donc tout de suite avec le pire : 2033 Future Apocalypse. « Embarquez pour un grand film d’anticipation qui ravira les fans de Bienvenue Ă  Gattaca ou les Fils de l’Homme », voilĂ  la phrase bien accrocheuse que nous a Ă©crit le distributeur pour nous donner envie de plonger dans 1h33 de vide intergalactique. Car, que ce soit au niveau du budget mais aussi de l’histoire assez inintĂ©ressante, de la mise en scĂšne inexistante ou du jeu des acteurs digne des tĂ©lĂ©novelas locales, on se demande bien oĂč a pu passer le « grand film d’anticipation » tant il reprend ce qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© fait en terme de sociĂ©tĂ© futuriste totalitaire oĂč un jeune homme bien avantagĂ© va changer de camps aprĂšs avoir eu une rĂ©vĂ©lation (entendez par lĂ  « ĂȘtre tombĂ© sous le charme d’une charmante doctoresse rebelle ») … mais sans l’imagination. Et si l’on pensait que le vide abyssal de l’histoire serait compensĂ© par des scĂšnes d’action plutĂŽt bien torchĂ©es, on a tout faux puisqu’il n’y a en fait aucune scĂšne d’action. C’est alors parti pour 1h33 d’ennui total oĂč l’on ne peut mĂȘme pas rire tellement ça se prend au sĂ©rieux. Inutile de dire que les fans des 2 films citĂ©s sur la jaquette (et dont je fais partie) seront sacrĂ©ment déçus et chercheront encore le rapport …

Avec the Gundown, on passe au western. Et quand au gĂ©nĂ©rique il y a Peter Coyote (qui n’a jamais rĂ©ussi Ă  faire mieux que second rĂŽle au cinĂ©ma), William Shockley (qui n’a pas fait mieux que le mĂ©chant de Dr Quinn) et Andrew Walker (qui n’a jamais rĂ©ussi Ă  faire mieux que second rĂŽle dans des sĂ©ries tv, son plus beau fait d’arme Ă©tant Sabrina l’apprentie sorciĂšre), … on pouvait avoir quelques doutes … qui seront vite confirmĂ©s en voyant le film. Évidemment, production Ă  petit budget implique des dĂ©cors en cartons encore plus propres que chez Disneyland et trois figurants, et bien c’est ça et c’est loin d’ĂȘtre transcendĂ© par une mise en scĂšne qui voit des plans de camĂ©ra hasardeux cĂŽtoyer des personnages qui ne font que poser en pensant avoir du style sur une musique qui en fait un peu trop.
Évidemment, il y a une histoire … vous savez, celle qui a Ă©tĂ© racontĂ©e mille fois dans les westerns, celle d’un bad guy qui s’empare d’une ville d’un guerrier solitaire va venir lui botter les fesses pour se faire la prostituĂ©e soudainement tombĂ©e amoureuse (il faut dire qu’avoir vu le cowboy prendre son bain a du l’aider Ă  tomber dans ses bras). TrĂšs vite on comprend pourquoi Peter Coyote a choisi d’incarner contre un petit chĂšque un personnage qui meurt dĂšs le premier tiers. Entre Walker qui n’a rien d’un texas ranger mais tout du charisme d’un cactus et une bad girl qui a trop embrassĂ© un aspirateur et se retrouve avec des lĂšvres plus botoxĂ©es qu’Angelina Jolie, il n’y a pas grand chose Ă  en tirer en attendant l’inĂ©vitable gunfight dans la ville suivit d’une poursuite en diligence aussi intense qu’une course d’escargots en plans serrĂ©s. Au moins, le ridicule du film aura fait sourire et la jaquette est plutĂŽt cool.

Et on finit avec le moins pire des trois, la grande Ă©popĂ©e suĂ©doise de The Guild. L’histoire « jamais racontĂ©e » d’un homme qui voit sa famille assassinĂ©e et qui va chercher Ă  se venger en intĂ©grant le clan de ceux qui pourront l’aider tout en renversant le pouvoir en place. VoilĂ , en une phrase les 2h39 de film rĂ©sumĂ©es ! Car oui, il faut ĂȘtre motivĂ© et avoir beaucoup de temps Ă  perdre pour regarder the Guild … d’autant plus que voir des gens qui marchent dans la neige et alternent les discussions dans une cabane ou autour d’un feu de camp pendant les deux tiers du film devient vite assez lassant. Heureusement on peut se dire que les rĂ©alisateurs font plutĂŽt bien leur job avec des dĂ©cors et costumes plus Ă©laborĂ©s que dans les deux films prĂ©cĂ©dents, sans compter un vĂ©ritable « budget figuration » qui rend le film plutĂŽt regardable.
Mais son histoire qui tire en longueur avec des sauts dans le temps assez ridicules (on ne compte plus le nombre de cartons « 3 ans plus tard », « 3 jours plus tard » qui apparaissent Ă  l’Ă©cran) pour Ă©viter de tourner des scĂšnes d’action avant d’enfin arriver Ă  nous intĂ©resser avec l’histoire du complot royal. Finalement quand on voit que le film Ă©tait vendu sur la jaquette comme le « carrefour du Pacte des Loups et de Solomon Kane » par les rĂ©alisateurs de Underworld 4, on se dit que cela aurait pu ĂȘtre bien pire, mĂȘme si il vaut mieux regarder le film Ă  la vitesse 1.5 pour ne pas trop s’embĂȘter.

publié dans :Cinéma DVD Film pas trÚs bon du jeudi

  1. 14/05/2012 Ă  12:41 | #1

    Tout d’abord merci de m’avoir Ă©pargnĂ© ces titres et de t’ĂȘtre dĂ©vouĂ© pour en faire la critique! D’autre part, je tiens Ă  revenir sur une info d’extrĂȘme importance que je tiens Ă  rectifier! Angelina Jolie n’a pas les lĂšvres botoxĂ©es, ce sont celles de son papa, Jon Voight! VoilĂ  qui est dit!

  2. 14/05/2012 Ă  23:28 | #2

    Ah 🙂 Bon tu l’as vu alors The Guild 🙂

    Par contre faut que je m’attelle aux autres, comme pour toi ils traĂźnent dans la poussiĂšre !

  3. FredP
    14/05/2012 Ă  23:31 | #3

    @cinedingue merci d’avoir rĂ©parĂ© cette erreur sur Angelina Jolie mais ça mon effet dans le texte 😉
    @nivrae oui, enfin vu the guild … quand aux autres, traĂźner dans la poussiĂšre, c’est bien lĂ  leur place finalement 😉

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