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14e Festival du Film Asiatique de Deauville – 3e partie : Action Asia

posté le 19/03/2012

Après avoir vu en détails les films primés et les autres films de la compétition officielle lors du 14e Festival du film Asiatique de Deauville , jetons un coup d’œil sur les 5 autres films qui étaient présents en sélection Action Asia :  Warriors of the Rainbow – Seediq Bale, the Sorcerer and the White Snake, the Sword Identity, War of the Arrows et le très attendu The Raid.

Warriors of the Rainbow – Seediq Bale

L’histoire est rarement évoquée mais l’île de Taiwan a été occupée par le Japon pendant 50 ans avant de retourner à la Chine après la seconde guerre mondiale. Pendant ce temps, les tribus aborigènes locales se sont battues pour défendre leurs terres. Cette lutte est racontée dans ce Warriors of the Rainbow, vendue comme une grande fresque épique et il faut dire que de ce côté, les batailles on plutôt de la gueule, rythmées comme il se doit pour se laisser emporter, avec une mise en scène généreuse et spectaculaire seulement affaiblie par des explosions numériques de mauvais goût.
Mais si les batailles sont épiques, il y a un gros problèmes dans l’histoire, c’est qu’à l’origine le film dure 4h30 et la version internationale présentée ici a été amputée de moitié. Aussi, toute l’exposition est passée à la trappe. Le contexte reste flou, les personnages ne sont pas développés, les enjeux confus. Dès lors, si l’on est emporté par les batailles, impossible d’en saisir toute la portée et l’on sent que le potentiel présenté ici nous échappe. Définitivement, il faudrait mettre la main sur la version complète pour apprécier pleinement le film.

The Sorcerer and the White Snake

Vous vous rappelez des premiers films à grand spectacle de hong-kong des années 90 ? The Sorcerer and the White Snake c’est ça mais réalisé 20 ans plus tard. Cette légende dans la grande tradition du cinéma populaire chinois mettant un Jet Li un peu vieillissant en vedette a tout pour raviver de vieux souvenir. Une histoire romancée à souhait, une musique grandiloquente, des effets visuels dignes d’une PSOne, des actrices magnifique et au jeu approximatifs, de beaux sentiments, un univers coloré et une grande noblesse, tels sont les ingrédients qui font du film un monument de kitsch et donc un énorme plaisir coupable.
Car si le film ne dégage pas grand chose d’original, le rythme et les personnage plutôt sympathiques font que l’on garde tout de même l’œil sur l’écran et que l’on en sorte avec le sourire. C’est pas si mal.

The Sword Identity

Avez-vous déjà vu un film de sabres … sans combats ? Maintenant, avec the Sword Identity oui. Car le film est avant tout un film sur l’anticipation des combats et la précision qu’ils demandent plus que dans l’exécution formelle. Un parti pris audacieux qui en fait un film anti-spectaculaire. Cette histoire d’un guerrier renégat, pris à tort pour un pirate, voulant ouvrir sa propre école d’arts martiaux, défiant ainsi les 4 écoles déjà en place, développe ainsi un univers étrange. Avec une photographie sublime dans son traitement de l’obscurité, un humour à froid et une mise en scène posée au faux rythme lent, le film intrigue, déroute, hypnotise, et nous interroge sur l’utilisation des arts martiaux.

War of the Arrows

Voici une grande fresque guerrière venue de Corée. Une invasion, un peuple pris en otage, un guerrier qui doit redorer le blason de sa famille et secourir sa sœur, tels sont les ingrédients de cette histoire déjà vue maintes fois au cinéma mais force est de reconnaitre le savoir-faire de Kim Han-min qui offre ici un grand spectacle qui, certes, traine en longueur au début mais prendra enfin son envol dans sa dernière partie relevant plus du survival en mode poursuite dans les bois que de la romance cliché. Mais si le divertissement efficace qu’est War of the Arrows se regarde avec plaisir, c’est surtout par son originalité quand aux armes utilisées. Car ici ce ne sont pas les sabres que manient les grands guerriers mais les arcs et les flèches. Un choix qui donne toute sa personnalité, offrant ainsi un duel final relevant plus de la tension que du spectaculaire. Bien vu.

The Raid

C’était sans doute le film le plus attendu du festival. Bénéficiant d’un bouche à oreille le qualifiant de meilleur film d’action depuis une décennie, The Raid a fait sensation au TIFFF, Sitges, Busan, et même à Sundance. Et cette réputation est loin d’être usurpée. Après une courte introduction montrant tout de suite le sadisme du bad guy, c’est parti pour 1h40 d’action à couper le souffle autour de 3 combats principaux qui devraient bien marquer les esprits. Évidemment on passera sous silence le semblant de scénario un poil cliché (avec ripoux pour l’intrigue et femme enceinte pour le sentiments) servant à lier ces séquences pour s’intéresser de plus près aux combats. Et là c’est une véritable claque.
Gareth Evans effectue un véritable travail sur la mise en scène. Il ne va pas placer sa caméra pour simplement capter les exploits de ses acteurs. Au contraire, il sait filmer les combats dans la longueur avec une grande virtuosité, montrant les cascades et les coups portés sans en édulcorer la violence portée de tous côtés par Iko Uwais et le redoutablement cinglé Yayan Ruhian. La tension des combats ne retombe que pour repartir de plus belle pendant 90 minutes de pure adrénaline. Avec une telle efficacité dans les combats et leur progression, oui, The Raid est définitivement le film d’action le plus fou et le plus marquant de ces dernières années.

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