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Winter’s Bone, critique

posté le 14/03/2011 FredP

Chaque annĂ©e, les Oscars ont droit Ă  leur film indĂ©pendant qui a tout raflĂ© Ă  Sundance. Et cette annĂ©e, c’est  le dĂ©pressif Winter’s Bone qui a eu ces honneurs.

Winter's Bone, critiqueRee, une jeune fille de 17 ans doit s’occuper de sa petite sĹ“ur et de son petit frère parce que sa mère est malade et que son père est en prison. Mais voilĂ , on apprend que son père est sorti de taule grâce Ă  une caution pour laquelle il a hypothĂ©quĂ© la maison. Du coup, si Ree ne le retrouve pas, toute la petite famille sera expulsĂ©e. A  partir de cette histoire, on a dĂ©jĂ  devinĂ© que l’ambiance n’est pas au beau fixe. Mais ajoutez Ă  cela que l’action se dĂ©roule dans les profondes et crĂ©pusculaire forĂŞts du Missouri et il n’y a plus qu’Ă  dĂ©primer.

Ici, pas la peine de chercher le bonheur, vous ne le trouverez pas. Pas la peine de chercher l’action, il n’y en a pas non plus. Pourtant il y a bien une quĂŞte Ă  mener. La jeune Ree, très justement interprĂ©tĂ©e par Jennifer Lawrence, part Ă  la recherche de son père ou du moindre indice qui pourrait signifier sa mort. Et pour cela elle va faire le tour de toutes les maison de son patelin. Une mĂ©thode bien pratique pour nous prĂ©senter un Ă  un les diffĂ©rents protagonistes de l’histoire.Winter's Bone, Jennifer Lawrence Mais seulement, après le 2e tĂ©moignage, on a comprit la facilitĂ© et on laisse tomber en se disant rapidement qu’on va juste faire le tour de tous les habitant consanguins du bourg, tous plus dĂ©primants les uns que les autres, avant d’avoir un semblant de piste.

Du coup, on n’Ă©chappe pas Ă  tous les clichĂ©s du film indĂ©pendant avec ses personnages dĂ©primants, son rythme lent et son attachement aux valeurs de l’arrière-pays. Alors oui, on pourra trouver du mĂ©rite Ă  se dire que le film parle de l’outback amĂ©ricain et de la pauvretĂ© de ces amĂ©ricain avec justesse, que cela les fait retomber dans un Ă©tat quasi sauvage oĂą faire justice soit-mĂŞme n’est que le dĂ©but de la fin. Winter's Bone, John HawkesMais il n’y a pas non plus besoin d’en faire des tonnes sur le misĂ©rabilisme pour attirer l’attention du spectateur. Ici justement c’est tout ça, la rĂ©alisatrice Debra Granik se fout royalement de la quĂŞte du paternel pour bien enfoncer le clou sur la situation de cette pauvre Ree qui n’a vraiment pas de chance. Si le portrait de l’adolescente qui a du murir trop vite est alors très juste, l’intrigue n’avance pas et on commence Ă  s’impatienter.

winter's bonePourtant quelques rares fois la pression monte et le malaise commence Ă  poindre le bout de son nez, rĂ©vĂ©lant toute la noirceur de cette vie et de ces habitants. Mais jamais celle-ci ne sera assumĂ©e. Jamais la rĂ©alisatrice n’ira au bout en nous emportant dans une traque dĂ©sespĂ©rĂ©e vers la vĂ©ritĂ© concernant le père de Ree. Non, nous attendrons sagement que la solution vienne frapper Ă  la porte. Sans rythme aucun, l’intrigue arrivera Ă  son terme pour que nous puissions nous dire : »  ah, c’est fini … il s’est passĂ© quoi au fait ?» . Et bien pas grand chose en fait. Juste le portrait sans far et sans Ă©motions d’une AmĂ©rique Ă  la dĂ©rive que l’on a dĂ©jĂ  vue dĂ©crite avec moins de clichĂ©s.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 14/03/2011 Ă  22:17 | #1

    ah mais si tu veux du bonheur, il fallait le dire, je t’emmène au spectacle de DorothĂ©e.
    Il y a plus de clichĂ©s Sundance dans 500 jours ensemble ou Away we go. Ici, ça contourne justement les clichĂ©s. Le film ne manque pas de rythme, il contourne un tempo classique, que Sundance aime bien d’ailleurs…

  2. FredP
    16/03/2011 Ă  15:32 | #2

    @alexandre mathis
    Oh, mais je ne cherchais pas le soleil en allant voir le film. Juste un ennui total devant un film dont l’intrigue n’avance jamais et oĂą la noirceur n’est pas assumĂ©e jusqu’au bout.
    Après, pas de comparaison possible avec 500 Jours Ensemble qui est un feel-good movie.

  3. 18/03/2011 Ă  18:47 | #3

    Mouais, ayant vu le film Ă  Deauville, j’ai le souvenir d’une bonne grosse claque en comparaison des 15 autres films que j’ai pu voir durant le festival qui, eux, empilaient bien plus de clichĂ©s que ce Winter’s bonne.

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