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Take Shelter, critique

posté le 28/12/2011 FredP

take shelter critique

DĂ©couvert Ă  l’Étrange Festival et fortement remarquĂ© Ă  Cannes et Deauville dont il n’est pas reparti bredouille, Take Shelter, drame paranoĂŻaque, arrive enfin dans les salles. 2012 commence donc sur un vĂ©ritable coup de cĹ“ur  !

take shelter affiche frDeuxième film ensemble pour le rĂ©alisateur Jeff Nichols et Michael Shannon qui, après un Shotgun Stories Ă  l’excellente rĂ©putation, s’intĂ©ressent encore Ă  l’univers de l’AmĂ©rique profonde. En effet, Take Shelter est l’histoire d’un père de famille ouvrier qui voit sa vie basculer lorsqu’il commence Ă  rĂŞver qu’une tempĂŞte va s’abattre sur son foyer. Alors qu’il tombe petit Ă  petit dans la folie, c’est la cellule familiale qui explose.

Si certains attendaient un film catastrophe, ils seront déçus. Take Shelter est avant tout un drame, une histoire intimiste et forte oĂą le fantastique et le flĂ©au s’immisce par pincĂ©es. Ainsi, Jeff Nichols prend son temps pour nous faire entrer dans le quotidien de Curtis et de sa famille avant que la paranoĂŻa l’emporte. Un peu comme lorsque Spielberg dĂ©crivait la montĂ©e de la folie enfantine de Roy Neary dans Rencontres du Troisième Type, Nichols nous montre, de manière plus dramatique, comment une vision peut changer le comportement d’un père et mettre ses proches en danger et comment le manque de communication peut rapidement dĂ©truire une famille.


Le rĂ©alisateur nous fait alors peu Ă  peu entrer dans la psychĂ© de cet homme normal qui n’a rien demandĂ© Ă  personne. La paranoĂŻa s’installe progressivement et les visions apocalyptiques installent aussi le doute chez le spectateur de manière marquante. Curtis devient-il fou ou medium, impossible de le savoir. Tout ce que nous savons, c’est que ces possibles prĂ©monitions prennent le pas sur ses relations avec les autres. Cette montĂ©e en puissance de la paranoĂŻa et de la perte de repères dans la structure familiale trouvera son point culminant et sa libĂ©ration dans un final d’une puissance Ă©motionnelle rare et exceptionnelle.

Finalement, seules les toutes dernières images Ă  l’interprĂ©tation assez floue peuvent nuire Take Shelter suite Ă  l’aboutissement qu’ont connu les personnages. Mais cette impression passe vite pour nous laisser en tĂŞte le moyen extrĂŞme qu’il faudra trouver pour ressouder cette famille Ă  deux doigts d’ĂŞtre brisĂ©e.

Vision de l’AmĂ©rique post-11 septembre ou simple constat sur l’Ă©tat de communication et de la confiance dans la cellule familiale de nos jours, Nichols rĂ©alise en tout cas ici un film puissant avec l’appui de comĂ©diens exceptionnels. Car il est ici impossible de passer Ă  cĂ´tĂ© des interprĂ©tations Ă  fleur de peau de Michael Shannon, dont le regard fou glace le sang, et de Jessica Chastain, portrait de la mère et Ă©pouse parfaite (encore plus depuis The Tree of Life), ici mise Ă  mal.

Take Shelter est ainsi de ces films qui restent en tĂŞte et nous accroche au fauteuil devant la puissance des Ă©motions qu’il dĂ©gage. Un film poignant et dĂ©jĂ  le premier grand coup de cĹ“ur qui ouvre l’annĂ©e d’une belle manière.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 31/01/2012 Ă  14:47 | #1

    Un film marquant qui feinte bien son monde en jouant les films catastrophes. Si le succès public n’a pas l’air au rendez-vous, en tout cas la critique est assez unanime… Et puis comment rĂ©sister Ă  Jessica Chastain !?