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Renny Harlin, interview sur Etat de Guerre

posté le 16/09/2011 ChrisC

interview renny harlin

Sorti fin aoĂ»t directement en DVD, 5 Days of War/Etat de Guerre, est un film poignant qui raconte l’histoire du conflit qui opposa la GĂ©orgie Ă  la Russie durant le mois d’aoĂ»t 2008. On en parlait dĂ©jĂ  ici.

Pour sa sortie, on a eu l’occasion de poser quelques question sur le film Ă  son rĂ©alisateur finlandais, Renny Harlin (Le Cauchemar de Freddy, Die Hard 2, Peur Bleue). Le bonhomme est un des spĂ©cialistes du film d’action mĂŞme si ses productions ne sont toujours pas accueillies Ă  bras ouverts par la critique ou le public.

Voici en exclusivité les réponses à mes questions sur le film Etat de Guerre.

ChrisC : Renny, était-ce important pour vous, en tant que finlandais, de réaliser une histoire de nation oppressée par les Russes ?

Renny Harlin : J’ai été tout de suite intéressé par cette histoire parce que je voulais faire un film qui aurait un impact auprès du public et qui montrerait comment j’ai évolué en tant que réalisateur. Je suis toujours ému par une histoire de nation oppressée par une puissance beaucoup plus forte et la quête d’un peuple pour sa liberté. Chaque jour, partout dans le monde, des petites guerres perdurent ainsi et reçoivent souvent peu d’attention de la part de la presse. Effectivement, du fait de mes racines finlandaises, j’ai  immédiatement eu de la sympathie avec les oppressés. Mais, c’est résolument un film anti-guerre, sur les reporters et des photographes de guerre qui risquent leur vie chaque jour pour rapporter les nouvelles du front et nous raconter les histoires des populations, campées derrières les lignes ennemies.

Comme je suis de Finlande, il est vrai que je pouvais me sentir concerné à un niveau beaucoup plus intime. La Finlande a battu l’ancienne Union Soviétique pendant la 2nde guerre mondiale et mes 2 parents ont vécu cela.

ChrisC : Du point de vue graphique : que cherchiez-vous à signifier à l’écran ?

Renny Harlin : J’ai engagé un directeur de la photographie, Checco Varese, qui a été lui-même photographe de guerre. Je crois qu’ensemble on a vraiment réussi a créé un style visuel qui reflète à la fois la réalité de la zone de guerre et qui donne l’impression au public d’être derrière les lignes ennemies. Pour moi,  il était essentiel que ce film soit proche de la réalité et montre en même temps la beauté du pays, tout en évitant l’effet tremblotant du style caméra à l’épaule, auquel on est maintenant tous habitué.

De fait, il y a peu d’effets visuels dans le film. Toutes les explosions, feux et matériel militaire sont vrais… On a juste rajouté les trainées de fumée derrières les missiles, qui ont vraiment été tirés, mais le reste est vrai. Je pense que le public pourra faire la différence entre l’action de 5 Days of War/Etat de guerre et le film d’action type comic book habituel !

ChrisC : 5 Days of War/Etat de guerre est un film de guerre palpitant. Quel point de vue vous a le plus intéressé ? Celui de la presse avec les 2 reporters de guerre, l’aspect géopolitique avec le Président Géorgien Mikheil Saakashvili se démenant avec les puissances étrangères, le côté action militaire avec les différentes escarmouches ou encore la détresse humanitaire des réfugiés ?

Renny Harlin : Je me devais de choisir un point de vue principal pour raconter l’histoire. J’ai décidé de prendre celui des reporters de guerre. Mais en fin de compte, c’est une histoire à propos de la souffrance humaine et tout est centré autour de ces faits d’actualités qui se sont vraiment déroulés selon les rapports d’observation des Nations-Unies, des Etats-Unis et des Droits de l’Homme. Néanmoins, si certains des personnages sont inspirés de vraies personnes, l’histoire du reportage qu’ils réalisent et qu’ils feront paraître dans le monde entier est fictive. C’était donc important d’être complet et de terminer le film sur les véritables refugiés, racontant leurs histoires juste avant le générique. Je voulais ramener le public à la réalité. De cette façon, nous avons fait de circonstances difficiles et d’événements ayant réellement eu lieu, un film d’action palpitant chargé d’émotions. Le président géorgien et le palais présidentiel n’étaient pas prévus dans le script original et nous les avons rajouté plus tard pour que le public suive la chronologie des événements.

Il est très important de se rappeler que ce genre de conflits est plutôt complexe. Les raisons sont toujours l’argent, le pouvoir, le pétrole ou d’autres biens, mais rarement le bien des peuples. La partie la plus importante de cette histoire était donc pour moi celle qui concerne les êtres humains, dimension qui je le pense concerne le public.

Ici, ce ne sont pas les soldats russes qui sont les méchants. Ils font juste leur travail. Les hommes au pouvoir sont ceux que nous devrions tenir pour responsables. Tous ces aspects de l’histoire m’ont poussé à m’impliquer. Le plus important, c’est que je voulais raconter une histoire contraignante et non donner une leçon d’histoire.

ChrisC : Rupert Friend, Val Kilmer, Andy Garcia, Dean Cain, Heather Graham, Richard Coyle… Comment avez-vous fait pour impliquer autant d’acteurs connus sur un film de guerre hyperrĂ©aliste ?

Renny Harlin : Je suis très heureux du casting que nous avons réussi à réunir pour 5 Days of War/Etat de guerre. Ils ont tous été fantastiques ! Dès que j’eu parlé du film à chacun d’entre eux, ils ont immédiatement sauté à 100% dans le projet. Cette histoire a touché tellement de personnes qu’ils ont tous voulu s’impliquer. Etant donné qu’il ne s’agissait pas d’un tournage de film hollywoodien habituel, ils ont tous du faire des sacrifices. Ils n’étaient pas logés dans des hôtels 5 étoiles avec leurs caravanes sur le plateau et ils n’ont pas touchés des énormes cachets.

Cependant, ils ont tous adoré le projet et le message qu’il enverrait au public. Les acteurs ne reçoivent pas tous les jours l’opportunité de faire un film comme ça, basé sur des événements réels qui se sont déroulés il y a si peu de temps, et surtout, se déroulant au même endroit  Ils ont pu voir les cicatrices physiques et émotionnelles des gens, très peu de temps après. Je pense que nous avons tous réalisé que c’était une opportunité unique dans une carrière, donc nous l’avons saisi !

Merci Ă  Renny, on apprĂ©cie d’autant plus le film maintenant !

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