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La fureur des gargouilles, une histoire de statue

posté le 10/03/2011 ChrisC

Une statue millénaire reprend vie, tirée de son sommeil par des humains trop stupides pour se mêler de leurs affaires : c’est le choix du nanar du jeudi avec cette Fureur des Gargouilles.

Concentrons-nous sur notre sujet : production sans trop de budget, indigne d’une chaîne télé fantastique, des acteurs pas convaincants (et manifestement pas convaincus par le sujet), réalisation troublée, voilà un résultat qui vous aura bien fait perdre votre temps. Dès la 21ème minute, l’intérêt pour La Fureur des Gargouilles se sera en effet dissipé et le spectateur se retrouvera sur le carreau, ennuyé et énervé devant cette grossière arnaque.

L’histoire est simple : un professeur d’archéologie expatrié en France (ça c’est pour le côté sympathique du film, cocorico) passionné de gargouilles est convaincu qu’elles incarnent en réalité des créatures mi-dieu mi-dragon qui peuplaient la terre il y a bien longtemps. Il tombe sur une église qui doit être détruite et qui abrite en son cœur souterrain, une créature prenant vie lorsqu’on va venir la déranger (et c’est donc une gargouille pour ceux qui en doute encore !).

Forcément, nos héros pas trop stupides finissent par comprendre que si la créature noctambule est énervée, c’est parce que les nanas du film arrêtent pas de lui piquer ses œufs (oui d’abord la copine du héros puis après la journaliste, mais c’est quoi leur problème aux nanas de vouloir voler des œufs à toux prix ?). Donc, montant une équipe composé des seules personnes qui croient à ce mythe devenu réalité (une journaliste à sensations, son cameraman et un prêtre de l’apocalypse) ils vont partir en quête du nid pour détruire tous les œufs ainsi que la créature (qui redevient statue le jour donc vous n’allez pas me dire que la mission est impossible). Si, quand on l’attaque en pleine nuit, forcément on risque gros ! Ajoutez à cela que le prêtre complètement taré, persuadé de la fin imminente du monde, est prêt à risquer la vie des autres avant la sienne, vous comprendrez que le groupe se tire un peu dans les pattes.

Côté acteur, c’est le même désarroi. Eric Balfour est mauvais, semble déployer tout son talent à ne pas laisser échapper de sourire niais ce qui lui donne une grimace hilare pendant les 1H30 que dure le film. Puis surtout il joue un professeur avec sa tête de beau gosse d’université donc désolé de ne pas y croire. Horripilante à souhait également, Caroline Néron, la bimbo qui joue la journaliste à la recherche de sensationnel ne sait pas sur quel pied danser donc alterne « pimbèche prétentieuse qui cours après le scoop » et « aventurière mature sexy effrayée par la créature ». S’ajoutent également un cameraman ado attardé et un prêtre sorte de croisement entre James Woods et un David Carradine psychotique.

Et parlons-en de « la créature ». Tout come il n’y aura pas de nudité dans ce film, il n’y aura pas plus d’une gargouille (sorte de chauve souris grise qui fait du deltaplane dans Paris), qui prend un malin plaisir à imiter les pigeons fonçant comme un kamikaze sur les passants. Au début du film, elle se la joue serial killer en butant des gens de façons aléatoires, puis on comprend que la copine de Jack Randall, comme elle avait volé des artefacts dans le repère de la gargouille, est la proie ciblée par la créature tueuse (magnifique scène de poursuite sur les toits parisiens pour finir par une décapitation effet « bouteille de champagne au réveillon du nouvel an » avec petits geyser de sang numérique). Il faut la comprendre tout de même, elle trônait tranquillement dans une église depuis 1000 ans, et voilà qu’on vient lui piquer ses œufs. Elle n’aura de cesse de vouloir buter les vilains humains stupides et cupides qui ne peuvent pas laisser trainer des œufs de gargouilles, non mais !

Techniquement, La Fureur des Gargouilles est d’une bonne facture vidéo, les images semblent avoir été tournées en HD ou dans une qualité approchante, cela contrebalance complètement avec la valeur scénaristique nulle de ce film qui est en plus filmé avec les pieds et contient bon nombre de plans inutiles (car au lieu de faire simples et de filmer l’action on voit rien). La gargouille, quand on finit par la voir (oui parce que filmer un ciel noir et écouter des supposés grognements et de la musique transylvanienne, ça ne contente pas le spectateur, surtout devant un film qui s’appelle La fureur des gargouilles), est plutôt bien faite, il faut le reconnaître. Par contre, les autres gargouilles du film sont justes bonnes à garder les gouttières.

La Fureur des Gargouilles est résolument un téléfilm de série B, du mauvais cinéma fantastique ou tout du moins une très bonne base mais qui ne méritait pas un développement en 90 minutes (plutôt en 15). Il vous fera vraiment perdre votre temps et c’est un nanar en soi pour ses mauvais acteurs, son histoire bateau, ses incohérences au niveau de la continuité et ses dialogues niais (les ingrédients classiques du nanar). Bon, il faut savoir que ce film s’inscrit dans la série Maneater, composée de téléfilms américano-canadiens mettant en scène des créatures mangeuses d’humains et des acteurs principaux sensés être à peu près connus (sigh !). En tous cas, moi, nostalgique de la série Gargoyles de Disney, qui croyais me retrouver face à une famille de Gargouilles tueuses et destructrices, eh ben j’ai bien perdu mon temps !!

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