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Culte du dimanche : The Thing

posté le 09/10/2011 FredP

the thing culte

Alors que son remake/prequel s’apprĂŞte Ă  sortir en salles, revenons plutĂ´t sur le The Thing original, celui de John Carpenter, entrĂ© au panthĂ©on des films fantastiques et d’horreur depuis bien longtemps.

the thing affiche françaiseFascinĂ© et effrayĂ© par le film La Chose venue d’un autre Monde de Howard Hawks et Christian Nyby dans son enfance, c’est après le succès de son New-York 1997 que John Carpenter va s’attaquer Ă  un remake. Mais plutĂ´t que de reprendre le film Ă  la lettre, il va s’attacher Ă  rĂ©aliser une relecture de la nouvelle originale Ă©crite par John W. Campbell. Ainsi, nous voici en antarctique avec une Ă©quipe de scientifiques qui dĂ©couvrent un corps enfoui sous la neige, prĂŞt de la base norvĂ©gienne. Très vite ils se rendent compte qu’il s’agit d’une crĂ©ature polymorphe venue d’un autre monde alors que la paranoĂŻa s’installe entre  les membres du groupe.

La paranoĂŻa. C’est bien le cĹ“ur de The Thing. Entre la peur de l’inconnu, d’une chose qu’on ne peut identifier et les doutes que l’on a sur les autres et la confiance que l’on peut leur accorder, John Carpenter aborde ici le thème de manière efficace et quasi complète. Avec sa maitrise de la mise en scène, il nous entraine ici dans un huis clos haletant et sous tension qui fait autant sursauter que douter. Il faut dire que la menace de cette chose est bien prĂ©sente. Chaque minute du mĂ©trage Ă©coulĂ©e nous fait plonger un peu plus dans la noirceur et la folie que la dĂ©couverte de cette crĂ©ature entraine. Il règne pendant tout le film une atmosphère d’apocalypse, comme si la survie du groupe de scientifique Ă©tait la condition pour que le monde tourne, avant que cette crĂ©ature ne s’y attaque.

Bien sĂ»r, on peut tout de suite Ă©tablir un parallèle avec le Alien de Ridley Scott. Avec cette crĂ©ature qui attaque un groupe dans un lieu clos oĂą personne « ne peut les entendre crier» , le rapport est Ă©vident et le cheminement de l’histoire est assez identique (la dĂ©couverte de la crĂ©ature ramenĂ©e dans le lieu clos, son dĂ©veloppement Ă  l’insu de tous). Et pourtant Carpenter s’en diffĂ©rencie avec une tension qui lui est propre mais aussi parce que sa crĂ©ature n’est pas complètement mauvaise, c’est une chose difficilement identifiable, perdue (et donc agressive mais pas comme l’alien) mais surtout qui peut prendre l’apparence des autres et ainsi faire monter la tension. On relèvera d’ailleurs la qualitĂ© des effets de Rob Bottin qui rend la chose totalement hideuse et inhumaine.

Si Carpenter laisse ici pour une fois tomber son habitude de composer lui-mĂŞme la musique du film, c’est pour la confier Ă  un vĂ©ritable maestro. C’est en effet Ennio Morricone qui se charge d’installer une tension musicale pendant tout le mĂ©trage, rendant sa musique aussi Ă©trange que la chose. Du coup, l‘angoisse est prĂ©sente Ă  chaque instant et culmine lors de la scène devenue culte (et Ă  laquelle Robert Rodriguez rend hommage dans the Faculty) des tests sanguins, rĂ©vĂ©lateurs de la possession ou non des scientifique par la crĂ©ature. Une scène de tension et de paranoĂŻa marquante, Ă  laquelle on pense immĂ©diatement en Ă©voquant The Thing.

Le film est aussi l’occasion de retrouver pour la troisième fois Kurt Russell devant la camĂ©ra de John Carpenter. Après son personnage culte de Snake Plissken dans New-York 1997, l’acteur est ici le dernier rempart entre cette crĂ©ature et le monde civilisĂ©. Mais Ă  ses cĂ´tĂ©, c’est tout le casting qui arrive Ă  instiller le doute sur la vĂ©ritable personnalitĂ© de chacun. A aucun moment on ne sait qui va en rĂ©chapper ou mourir dans d’atroces souffrances.

MalgrĂ© toutes ses qualitĂ©, The Thing est loin d’ĂŞtre un succès en salles, complètement boudĂ© par le public comme par les critiques. Comme la plupart des films de Carpenter qui suivront, c’est de la vidĂ©o que viendra son salut. Mais c’est aussi l’un des films majeurs de John Carpenter qui ouvre avec the Thing sa trilogie de l’Apocalypse qu’il poursuivra avec le Prince des TĂ©nèbres et l’Antre de la Folie, d’autres Ĺ“uvres traitant de la paranoĂŻa et de la fin d’un monde. Aujourd’hui The Thing est devenu un vĂ©ritable film culte mais surtout l’un des films incontournables du cinĂ©ma fantastique.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

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