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Culte du dimanche : The Rocky Horror Picture Show

posté le 01/05/2011 FredP

Complètement barge, fauchĂ© et confidentiel mais regroupant un noyau dur de fans Ă  travers les annĂ©es, c’est tout ce qui a fait de The Rocky Horror Picture Show un film culte.

A l’origine, il y a une petite comĂ©die musicale un peu fauchĂ©e mais complètement dĂ©calĂ©e crĂ©Ă©e par Richard O’Brien. JouĂ©e dans un petit théâtre de Londres, sa renommĂ©e commence Ă  croitre en rĂ©unissant des fans très fidèle. Il n’en fallu pas plus Ă  Hollywood pour s’y intĂ©resser. C’est la Fox qui dĂ©cidera alors de produire un film adaptĂ© de la pièce. Elle offre alors Ă  ses crĂ©ateurs deux options : investir beaucoup d’argent et faire venir des stars … ou rester dans un budget raisonnable et laisser le film se faire en famille.

Il faut dire qu’Ă  l’Ă©poque (dans les annĂ©es 70), la Fox arrive Ă  prendre des risques (ils produiront tout de mĂŞme Star Wars et Alien par la suite). The Rocky Horror Picture Show va donc ĂŞtre tournĂ© par l’Ă©quipe originale de la pièce. Seuls Susan Sarandon et Barry Bostwick viendront s’ajouter Ă  la production pour incarner les 2 hĂ©ros de l’histoire.


En parlant de l’histoire d’ailleurs, The Rocky Horror Picture Show est une parodie de films de science-fiction et d’horreur. Ainsi, un jeune couple tombe en panne et arrive dans un manoir rempli de personnages Ă©tranges dont le docteur Franck’n'furter, extraterrestre travesti se prenant pour Frankenstein. Ici pas la peine de chercher un chef d’Ĺ“uvre en terme de rĂ©alisation, au contraire, c’est complètement fauchĂ© et les faux-raccords sont nombreux. D’ailleurs, le film est Ă  sa sortie en 1975 un Ă©chec total. Il faut dire qu’une comĂ©die musicale complètement barrĂ©e qui mĂ©lange rĂ©fĂ©rences pulp et sĂ©ries B (King Kong, Dracula, Flash Gordon…), rock’n'roll et libĂ©ration sexuelle, ce n’est pas vraiment du goĂ»t du grand public. Le bide est monumental.

Mais pour rentabiliser le film, la Fox a l’excellente idĂ©e de continuer Ă  le diffuser en sĂ©ance de minuit. Il devient ainsi le premier midnight movie financĂ© par un studio. C’est dans ce cadre qu’il arrive Ă  rĂ©unir de nombreux fans. Très vite, ce mĂ©lange improbable, complètement dĂ©jantĂ© et largement anti-conventionnel (après tout on y parle de libĂ©ration sexuelle et on y mange des cadavres …) va trouver son public. Et c’est ce public qui le rendra le film culte. Car au fur et Ă  mesure, les fans s’approprient complètement le Rocky Horror Ă  tel point qu’ils s’organisent pour jouer eux-mĂŞme le film pendant les projections ou amènent des accessoires pour vivre le film pendant la sĂ©ance (riz pendant la scène de mariage, journaux en papier pendant l’orage, …).  Une sĂ©ance de The Rocky Horror Picture Show est en elle-mĂŞme un vrai spectacle.

C’est ainsi que le bouche-Ă -oreille s’est crĂ©Ă© autour du film depuis 1975. Il faut dire qu’en plus du message, les chansons sont plutĂ´t entrainantes (le très culte The Time Warp ou Science Fiction Double Feature), l’aspect kitsch complètement assumĂ© et la performance sans tabous de Tim Curry (ici dans son premier grand rĂ´le qui le casera directement dans la case des grand cinglĂ© au cinĂ©) ajoutent un charme particulier du film qui respire une sacrĂ©e joie de vivre.

Et depuis 1975, le phĂ©nomène underground autour du film ne s’est jamais dĂ©menti. Aujourd’hui, le film dĂ©tient le record de la plus longue exploitation en salles (le film est toujours rĂ©gulièrement au programme de nombreux cinĂ©mas dans le monde dont le studio Galande Ă  Paris est le dernier en Europe) et a rĂ©ussi Ă  accumuler près de 150 millions de dollars. Mais surtout, les fans se comptent par dizaines de milliers Ă  travers le monde et n’hĂ©sitent pas Ă  retourner voir le film en salles plusieurs fois, rien que pour le spectacle proposĂ©. Aujourd’hui d’autres crĂ©ateurs y font mĂŞme rĂ©fĂ©rence (Cold Case, Glee), signe que le film est aujourd’hui entrĂ© dans une certaine culture populaire.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

  1. 02/05/2011 Ă  09:10 | #1

    Oui, je suis de ton avis. Le film en lui-mĂŞme est un must see, car il entraĂ®ne avec lui un grand pan de la culture de la fin du XXe siècle. Maintenant, nous l’avons visionnĂ© au cours d’un cinĂ©-club entre amis et je suis restĂ© sur ma faim : les chansons entraĂ®nantes et le cĂ´tĂ© kitsch n’ont pas permis de l’apprĂ©cier comme cela doit l’ĂŞtre en salles.