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Culte du dimanche : The French Connection

posté le 13/03/2011 FredP

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Avant l’Exorciste, le rageur William Friedkin avait dĂ©jĂ  fait preuve d’une maitrise impeccable de l’action dans The French Connection. Un film Ă  redĂ©couvrir quand on s’aperçoit qu’il a finalement bien marquĂ© le style des scènes d’action d’aujourd’hui !

french connection afficheOn a du mal Ă  s’en rappeler aujourd’hui, mais dans les annĂ©es 60, la Corse et Marseille Ă©taient une plaque tournante du trafic d’hĂ©roĂŻne partant de Turquie pour arriver aux États-Unis. Ce trafic Ă©tait alors appelĂ© la French Connection et Ă©tait la principale source des amĂ©ricains droguĂ©s, jusqu’Ă  sa chute Ă  la fin des 70′s. Si le nom de French Connection est toujours dans nos esprits aujourd’hui, c’est en fait grâce au film de William Friedkin qui, avant d’imposer l’Exorciste comme l’un des plus grands films d’horreur de tous les temps, a rencontrĂ© le succès avec cette histoire de stups.

Avec French Connection, nous allons donc suivre deux flics expĂ©rimentĂ©s et aux mĂ©thodes assez houleuses qui on l’intuition qu’une livraison de drogue Ă  New-York est imminente. En menant l’enquĂŞte, Ă  travers de nombreuses filatures Ă  suspens, ils vont peu Ă  peu s’approcher des trafiquants français et ritals. French ConnectionPour les besoins de l’histoire, les noms et quelques faits ont Ă©tĂ© changĂ©s mais il n’en demeure pas moins que Friedkin s’est extrĂŞmement documentĂ© pour apporter une touche de rĂ©alisme assez inĂ©dite pour l’Ă©poque.

En effet, rares Ă©taient les films de gangsters et polars qui collaient si près Ă  l’enquĂŞte et Ă  l’action. Dans French Connection, Friedkin adopte la camĂ©ra Ă  l’Ă©paule. Rien de tel pour suivre les Ă©vĂ©nements en Ă©tant accrochĂ© au fauteuil, bien avant que Greengrass en abuse dans les Jason Bourne. Ici chaque filature est prenante, chaque dispute est violente et surtout la course-poursuite est sacrĂ©ment Ă©reintante. French Connection gangsters3 ans après le mètre-Ă©talon imposĂ© par Bullitt, Friedkin s’affranchit complètement de la prĂ©paration au millimètre près pour nous offrir une course-poursuite haletante, entre maitrise et spontanĂ©itĂ©, lorsque Gene Hackman doit retrouver un sniper qui fuit par le mĂ©tro. Rarement une telle chasse aura Ă©tĂ© vue et celle-ci devient alors un nouveau standard.

Mais il ne faudrait pas pour autant rĂ©duire ce French Connection Ă  une simple course-poursuite, car Friedkin, non content de saisir avec un rĂ©alisme impeccable l’impulsion de l’action, dĂ©crit aussi des personnages loin des stĂ©rĂ©otypes. Ici le mĂ©chants et gentil flic ne sont pas si simples Ă  comprendre et leurs manières violentes, ne les rendent pas forcĂ©ment plus sages que les trafiquants, d’autant plus qu’ils sont toujours Ă  deux doigts de dĂ©passer les limites de leurs fonctions. French Connection Gene HackmanAux cĂ´tĂ©s d’un Roy Scheider sobre, Gene Hackman est en particulier remarquable dans ce registre et cela lui vaudra un oscar bien mĂ©ritĂ©. Son personnages fera tout pour retrouver ces hors la loi et nous sentons vraiment qu’il ne lâchera pas prise, peu importent les obstacles. Il faut dire que la direction d’acteurs de William Friedkin a sĂ»rement aidĂ© l’acteur dans sa composition. On sait le rĂ©alisateur sans compromis vis Ă  vis de ses Ă©quipes, que ce soit devant ou derrière lĂ  camĂ©ra, et ça se ressent Ă  la vision du film (la musique brutale de Don Ellis aide d’ailleurs beaucoup dans cette impression). Toute la rage de Friedkin est lĂ  pour ne pas nous lâcher.

French Connection Roy ScheiderLe rĂ©sultat Ă  l’Ă©cran est donc une enquĂŞte Ă©reintante dont les images ont certes vieillit (la faute Ă  une restauration blu-ray loin d’ĂŞtre optimale ?) mais dont le style a marquĂ©. Encore aujourd’hui nous pouvons ressentir ce type de mise en scène dans nombre de blockbusters et cela n’aurait sans doute pas Ă©tĂ© le cas sans la maitrise et le rĂ©alisme apportĂ© par William Friedkin Ă  ce French Connection. Il demeure maintenant l’un des plus gros succès commerciaux de son rĂ©alisateur mais aussi et surtout un succès critique incontestable avec 5 oscars dont meilleur film et rĂ©alisateur.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

  1. ikeluther
    25/03/2011 Ă  12:48 | #1

    Ça m’a bougrement donnĂ© envie de le voir ! (comment ça, ça ne se dit plus bougrement??)