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Culte du dimanche : Scream

posté le 10/04/2011

scream culte

Alors que Ghostface s’appr√™te √† retrouver les √©crans, revenons sur le premier volet de Scream qui, mine de rien, signait bien le retour du slasher au milieu des 90’s.

Scream afficheGrosse surprise en 1996 lorsque sort sur les écrans Scream. Un succès inattendu, surtout pour le genre du slasher qui était cantonné aux vidéo-clubs depuis un bout de temps. Ce retour, on le doit à Wes Craven et au scénariste Kevin Williamson.
Alors, oui, d√®s le d√©part, Wes Craven n’est pas forc√©ment l’homme qui va r√©volutionner le film d’horreur et, si il a un nombre assez impressionnant de films particuli√®rement mauvais √† son actif, on ne peut pas nier qu’il ai mit en place quelques concepts qui ont marqu√© le film d’horreur/survival am√©ricain dans les ann√©es 80 et qui ont √©t√© plus ou moins bien remak√©s (La Derni√®re maison sur la gauche, la Colline a des Yeux, Freddy). Avec, il va donc en quelque sorte faire sa propre auto-critique mais √©galement la critique du genre en lui-m√™me.

Scream Drew BarrymoreLe film commence fort avec le meurtre de la jeune Casey Baker apr√®s un jeu t√©l√©phonique mortel. La tension est l√†, le r√©alisateur de Freddy nous donne tout de suite le ton sur ce que sera Scream. Le film peut ainsi √™tre vu √† plusieurs degr√©s. Le premier est bien s√Ľr un simple slasher h√©rit√© des ann√©es 70/80 o√Ļ un tueur sans piti√© va massacrer de jeunes adolescentes. Jusque l√†, rien de plus clich√©. Mais, aigri par des ann√©es de vaches maigres (on peut m√™me dire qu’il n’h√©site pas √† cracher dans la soupe), et avec le jeune sc√©nariste aux dents longues qu’est Williamson, Craven, impose un second degr√© qui sera la marque de fabrique de la s√©rie, se moquant lui-m√™me du genre qu’il avait contribu√© √† instaurer.

Scream Neve Campbell Rose McGowanAinsi, si le film fait des clins d’Ňďils pouss√©s √† ses pr√©d√©cesseurs (Halloween et Vendredi 13 pour les plus c√©l√®bres), c’est pour mieux en d√©monter le concept dans la seconde qui suit. Au fond, le film ne fait que refl√©ter le regard qu’ont les adolescents lorsqu’ils regardent un film d’horreur. Ceux-ci n’y voient plus que des bimbos poursuivies par des tueurs ? Craven va leur en donner mais aussi s’en moquer. C’est bien pour cela que le tueur est maladroit comme pas permis, car au fond, il n’a pas de v√©ritable motivation, ce n’est qu’un amateur, une p√Ęle imitation de ses anc√™tres. Et c√īt√© bimbos, Neve Campbell et Courteney Cox font ici plut√īt figure de femmes fortes et d√©termin√©es plut√īt que blondes victimes. Finies l’horreur macabre et po√©tique ou les origines italiennes h√©rit√©e du giallo. Assez subtilement, Wes Craven ne r√©invente rien mais remet le genre en exergue en repr√©cisant ses r√®gles que les ados des ann√©es 90 avaient oubli√© et en jouant un peu avec (notamment via les images des m√©dias).

scream ghostfaceSi le sc√©nario n’est pas toujours cr√©dible et que la mise en sc√®ne, efficace, ne fait pas dans l’originalit√©, le discours de Scream est en tout cas assez novateur √† l’√©poque et les ados en mal de sensations fortes depuis la pr√©c√©dente disparition du genre (re)d√©couvriront tous le genre par son biais. Son statut culte, Scream l’a obtenu car il est un film g√©n√©rationnel et seuls les ados des ann√©es 90 qui commencent √† √™tre obnubil√©s par les images des m√©dias s’y identifieront. En effet, il se moque bien trop des films cultes qui l’ont pr√©c√©d√© pour satisfaire les amateurs historiques du genre, et aujourd’hui, la violence du film est assez fade compar√©e √† la vague de torture-porn ressurgie avec Saw.

On ne peut pas nier que Scream ai eu quelque impact sur le cin√©ma d’horreur am√©ricain apr√®s sa sortie en le faisant sortir des vid√©o-clubs. Scream Courteney CoxLe succ√®s a √©t√© tel que les studios y ont tout de suite vu une mani√®re de gagner de l’argent sans trop de frais (le slasher, m√™me si c’est un genre artistiquement assez pauvre est bien l’un des plus rentables) et nous avons alors vu d√©barqu√© des ersatz de Scream qui n’en avaient pas vraiment le subtil second degr√© (ou alors c’√©tait rat√©) comme Souviens-toi l’√©t√© dernier ou Urban Legend et leurs suites. Mais Scream a √©galement eu droit √† deux suites forc√©ment moins r√©ussies. Scream 2 qui se moquait alors du concept m√™me des suites et Scream 3 o√Ļ Craven s’est amus√© √† remettre sa r√©alisation en abime (en reprenant le principe du film dans le film qu’il avait d√©j√† explor√© dans son dernier volet de Freddy).

L’autre effet qu’a eu Scream, c’est de permettre √† des acteurs et actrices de s√©ries TV de faire leurs premiers pas au cin√©ma. Scream teamLe cin√©ma d’horreur avait d√©j√† cette habitude d’offrir leurs premiers r√īles √† de futures stars (Johnny Depp encore inconnu apr√®s le premier Freddy …) mais ici, avec Scream et consorts, il en faisait de v√©ritables stars dont certaines n’ont pas r√©ussi √† percer ailleurs que dans le genre (Neve Campbell, Jennifer Love-Hewitt) alors que d’autres auront r√©ussi √† se prendre en main (Drew Barrymore).

Si Scream 4 sort aujourd’hui sur les √©crans avec l’√©quipe originale aux commandes, c’est sans doute une histoire d’argent (apr√®s tout, ce n’est pas la premi√®re fois pour Wes Craven), mais c’est peut-√™tre aussi parce que le genre n’est pas mort et qu’il y a, comme lorsque le premier volet sorti il y a 15 ans, encore quelque chose √† dire sur le genre et la violence vue au cin√©ma … ou sur la g√©n√©ration des ann√©es 2000 vue par celle des ann√©es 90.

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