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Culte du dimanche : Metropolis

posté le 13/11/2011

metropolis culte

A l’occasion de l’exposition exceptionnelle concernant le film √† la cin√©math√®que et de sa ressortie dans quelques salles et en dvd/bluray dans sa version restaur√©e et compl√®te, parlons aujourd’hui du l√©gendaire¬† Metropolis de Fritz Lang. Car c’est tout de m√™me le film matrice de tout le cin√©ma de science-fiction.

metropolis afficheApr√®s le succ√®s de sa fresque autour des l√©gendes germaniques Les Nibelungen, Fritz Lang change de registre pour s’attaque √† la science-fiction avec Metropolis. Le film, grande super-production allemande aux d√©cors et effets sp√©ciaux impressionnants, est sorti en 1927 et a connu une carri√®re inhabituelle. D’une dur√©e intiale de plus de 3 heures, le film a rapidement √©t√© amput√© pour une dur√©e moindre dans de nombreux pays, si bien que lorsque Giorgio Moroder entreprit de coloriser le film dans les ann√©es 80 pour aboutir sur une version contest√©e des cin√©philes il ne pu regrouper que 80 minutes de film. Il faudra donc attendre 2008 et la d√©couverte d’une nouvelle bobine √† Buenos Aires pour d√©couvrir aujourd’hui la version la plus proche du film voulue par Fritz Lang. D’une dur√©e de pr√®s de 2h30, Metropolis est donc visible dans une version restaur√©e, un v√©ritable bonheur pour les cin√©philes, et une d√©couverte indispensable pour tout amateur de cin√©ma de science-fiction.

D’une certaine mani√®re, tout le monde connait inconsciemment l’histoire de Metropolis. Dans une m√©galopole futuriste, la soci√©t√© est divis√©e en deux classes, la ville haute avec ses dirigeants et les ouvriers des bas-fonds qui font tourner la machinerie permettant aux premiers de vivre dans le confort. Jusqu’√† ce qu’une jeune femme, Maria, rencontre celui qui pourrait rassembler ces deux classes, le fils de Johhan ¬ę¬†Joh¬†¬Ľ Fredersen, dirigeant de Metropolis. Mais lorsque Joh d√©couvre cela, il fait construire par un savant fou un robot √† l’image de Maria pour contr√īler la r√©volte grondante.

Metropolis est ainsi d√©j√† √† l’√©poque plus qu’un film de science-fiction, une v√©ritable all√©gorie sur le monde tel qu’il √©tait √† l’√©poque, une critique du syst√®me capitaliste qui divise les classes. Alors que la crise de 1929 n’a pas encore √©clat√©, Fritz Lang se montre m√™me proph√©tique et son message ¬ę¬†Entre le cerveau et la main, le m√©diateur doit √™tre le cŇďur¬†¬Ľ peut peut-√™tre sembler na√Įf aujourd’hui mais √©tait tellement juste. Il est m√™me encore plus juste et d’actualit√© aujourd’hui m√™me si notre soci√©t√© est bien plus cynique.
Lang ajoute √† ce message sur les injustices de la soci√©t√© d√©shumanis√©e¬† une dimension mythique en incluant dans son film des aspects religieux (la tour de Babel) servant seulement √† montrer le fanatisme de populations √† la d√©rive et l‚Äôextr√©misme des actes de certains. Encore une fois, ce th√®me est encore d’actualit√© aujourd’hui, ce qui montre bien la port√©e universelle du film qui peut ainsi traverser le temps sans ombrages.

Mais non content de produire une Ňďuvre soci√©tale plus complexe qu’elle n’en a l’air avec des moyens pharaoniques (neuf mois de tournage et 36 000 figurants, des d√©cors grandiose √† inonder pour la ville basse, des effets visuels avant-gardistes), Fritz Lang aborde avec Metropolis plusieurs genres. Bien s√Ľr, il y a le film de science-fiction avec cet univers futuriste, cette lutte des classes sans cesse repriset ce robot mythique. Mais √† travers ce film expressionniste il y a aussi le fantastique et l’horreur habilement m√™l√©s. L’utilisation du savant, les cadrages et l’utilisation des ombres pr√©figurent d√©j√† certains films de genre √† venir.

A travers ses th√®mes, Metropolis est une Ňďuvre puissante et avant-gardiste. Mais c’est aussi son esth√©tique qui impressionne et a fait √©cole. Le visionnaire Fritz Lang a √©tabli ici tous les codes de la science-fiction du XXe si√®cle. Les r√©f√©rences les plus √©videntes sont √©videmment Star Wars (dont le design de C-3PO est bien influenc√© par le robot Maria), Blade Runner (o√Ļ l’on retrouve la tour de Metropolis film√©e de la m√™me mani√®re par Ridley Scott) ou le Cinqui√®me √Čl√©ment (la cit√©, les voitures volantes, le laboratoire).
Mais c’est bien toute la SF qui voit Metropolis comme une source d’inspiration in√©puisable (Retour vers le Futur, Dark City, THX1138…) mais aussi le fantastique (Frankenstein) ou m√™me tout simplement la culture populaire. Ainsi la musique se l’est appropri√© comme Madonna ou Muse dans leurs clips tout comme les comics (Superman) et mangas (dont le magnifique Metropolis de¬† Tezuka, Cobra, …) et m√™me les jeux vid√©os (Final Fantasy).

Ainsi, non seulement Metropolis √©tait d√©j√† une Ňďuvre d’une puissance folle, mais en plus elle a r√©ussi √† traverser les d√©cennie avec ce m√™me pouvoir visionnaire. Fritz Lang a √©tabli l√† un film matrice, celui qui a d√©fini une esth√©tique et plusieurs genres dans l’inconscient collectif avec un message universel. Malgr√© son √Ęge, Metropolis est bien intemporel et les mots ¬ę¬†chef d‚ÄôŇďuvre¬†¬Ľ et ¬ę¬†culte¬†¬Ľ ne sont pas de trop pour d√©finir ce film au destin exceptionnel.

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