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Culte du dimanche : Le Loup-Garou de Londres

posté le 28/08/2011 FredP

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Alors que John Landis revient enfin au cinĂ©ma après une longue absence avec Cadavres Ă  la Pelle, revenons sur le film qui avec lequel il a marquĂ© l’histoire du cinĂ©ma lycanthrope : Le Loup-Garou de Londres.

loup garou de londres afficheAprès le succès de the Blues Brothers, John Landis peut rĂ©aliser le film qu’il souhaite. C’est ainsi qu’il ressort le scĂ©nario qu’il avait Ă©crit Ă  l’âge de 19 ans. Une histoire de loup-garou tout ce qu’il y a de plus banal avec deux touristes amĂ©ricain en ballade dans la campagne anglaise oĂą ils se font attaquer par un loup-garou. Rien de bien original car le touriste maudit va peu Ă  peu dĂ©couvrir sa condition comme l’amour et refusera son cĂ´tĂ© animal après avoir fait un carnage.

Cependant John Landis a maintenant de l’expĂ©rience et l’horreur ne lui est pas Ă©trangère puisqu’il s’Ă©tait entrainĂ© sur son premier film Shlock. Mais il va devoir se diffĂ©rencier d’un autre film de loup-garou sorti juste avant lui et rĂ©alisĂ© par l’autre nom en devenir du genre : Joe Dante avec Hurlements. Landis apporte alors sa touche toute personnelle Ă  l’histoire et n’en fait pas qu’un simple film d’horreur. Il arrive Ă  y glisser un humour noir et sarcastique qui donne toute sa personnalitĂ© au film. Le mĂ©lange est parfait et fait autant rire que frissonner.

Mais plus que son histoire, ce sont les effets spĂ©ciaux du film qui l’ont fait entrer dans l’histoire. Car le Loup-Garou de Londres contient une sĂ©quence d’anthologie, celle de la première transformation de David en loup. Une scène mĂ©morable oĂą tout le savoir-faire en maquillages de Rick Baker fait merveille. Encore aujourd’hui, cette transformation en pleine lumière est impressionnante et nous fait ressentir la douleur du personnage lors de sa mĂ©tamorphose.
On notera aussi le soin apporté au maquillage de Jack, l’acolyte de David, transformé lui en zombie en décomposition dans ses délires. Ces maquillages vaudront au film de remporter le tout premier oscar des meilleurs maquillages.

Heureusement, le Loup-Garou de Londres ne vaut pas que pour les maquillage et l’on passe un bon moment devant le film. Bien sĂ»r, il commence aujourd’hui Ă  accuser le poids des annĂ©es mais le ton parodique que manie bien Landis nous laisse apprĂ©cier le film pour ce qu’il est, un bon divertissement assez intelligent pour utiliser ses rĂ©fĂ©rences Ă  bon escient. Ainsi, il ne se vante pas de rĂ©inventer le mythe du loup-garou mais l’exploite avec justesse pour raconter une histoire intĂ©ressante avec des acteurs inconnus qui dĂ©gagent un bon capital sympathie.

On retiendra du coup un effrayant cauchemar Ă  base de loup-garous nazis qui font froid dans le dos comme une conversation incongrue avec des cadavres dans un cinĂ©ma porno avant un petit carnage final. Et Landis apportera une touche finale Ă  l’ambiance bon enfant du Loup-Garou de Londres en glissant quelques rĂ©fĂ©rences, y compris dans la bande originale oĂą, pour l’anecdote, chaque titre contient le mot « moon» , de Sam Cooke Ă  CRR.

Ainsi Le Loup-Garou de Londres se fait une place toute modeste par l’ambition mais Ă´ combien importante par sa place dans le cinĂ©ma fantastique des annĂ©es 80, instaurant un ton particulier et des maquillages impressionnants. D’ailleurs, avec la rĂ©ussite de ce loup-garou John Landis rĂ©alisera le clip qui sera probablement le plus vu de l’histoire de la musique avec Thriller de Michael Jackson.
Mine de rien pièce importante pour le sujet de la lycanthropie au cinĂ©ma, le film connaitra malheureusement une mise au goĂ»t du jour Ă  la fin des 90′s avec un Loup-Garou de Paris de sinistre mĂ©moire oĂą l’horrible crĂ©ature numĂ©rique l’emporte sur le ton parodique qui ne sera pas retrouvĂ©. Signe que John Landis Ă©tait bien le seul Ă  pouvoir faire de cette histoire classique un vĂ©ritable divertissement aussi drĂ´le et effrayant qu’intelligent.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

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