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Culte du dimanche : Cronos

posté le 17/07/2011

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Revenons sur les d√©but de l’un des cr√©ateurs d’univers cin√©matographiques les plus int√©ressant de ces derni√®res ann√©es. C’est avec Cronos qu’a d√©but√© la carri√®re de Guillermo Del Toro.

cronos dvdBien avant de nous offrir les deux adaptation de Hellboy ou le magnifique Labyrinthe de Pan, Guillermo Del Toro √©tait simple maquilleur sur le plateau de films fantastiques mexicain. Mais la cam√©ra le d√©mange et il r√©alise quelques court-m√©trages et √©pisodes de s√©ries locales. Cependant, le cr√©ateur a de plus grandes ambitions. En 1993, il r√©alise alors Cronos, son film matrice, dans lequel tous ses th√®mes de pr√©dilection sont abord√©s et seront transcend√©s plus tard dans son Ňďuvre.

Avant que les vampires ne reviennent en force au cin√©ma avec Blade et autres Twilight, Guillermo Del Toro √©tait d√©j√† passionn√© par ces cr√©atures de l’ombre. C’est le sujet de Cronos. Le film est une int√©ressante variante sur le mythe. Ici, c’est un alchimiste qui cr√©√© un √©trange objet permettant de garder la vie √©ternelle. Mais son usage n’est pas sans risque puisqu’il transforme petit √† petit son utilisateur en vampire. C’est ici un antiquaire qui va tomber dessus et l’utiliser alors que d’autres personnes sont √† la recherche de cette promesse¬† d’immortalit√©.

Pour sa premi√®re r√©alisation, Guillermo Del Toro choisi donc un th√®me et un monstre in√©puisables du cin√©ma fantastique. Cependant, il lui apporte ici une touche toute personnelle qui fait la diff√©rence. Pourtant, le r√©alisateur n’est pas encore celui que l’on connait.
Sa mise en scène est encore hasardeuse
et le film a aujourd’hui pris un petit coup de vieux et sent bon le budget limit√© du d√©but des ann√©es 90. Mais il est r√©alis√© avec passion et sinc√©rit√©, ce qui fait tout son charme, d’autant plus qu’on y d√©couvre ici les graines que plante le r√©alisateur et que l’on retrouvera dans tous ses films.

Ainsi, on retrouve le th√®me de la transformation en vampire que Del Toro traitera √©galement dans Blade II ou dans ses romans √©crits avec Chuck Hogan. Mais c’est surtout sa passion pour les insectes qui transparait. La cr√©ature √† l’origine de la mal√©diction pourrait aussi bien √™tre pr√©sente dans Mimic , les Hellboy que dans le Labyrinthe de Pan.
On sent bien que cette forme de vie √† la fois primitive et r√©sistante √† toutes les catastrophes, int√©resse Del Toro qui lui conf√®re alors un pouvoir fantastique (ici celui de donner l’immortalit√©). L’univers du r√©alisateur, peupl√© de cr√©atures fantastiques et √©tranges prend donc racine ici.

Mais un autre th√®me qu’aime particuli√®rement Del Toro est celui de la solitude du monstre. Il l’explore compl√®tement dans Hellboy mais il est d√©j√† pr√©sent dans Cronos. En effet, l’histoire de cet antiquaire qui se m√©tamorphose en cr√©ature de la nuit est profond√©ment tragique. Il se sent devenir un monstre, ce qu’il refuse. Et sa mort l’√©loigne en plus de ses proches. Refusant de se laisser aller √† la bestialit√©, il sombre alors dans la solitude.

Heureusement, une lumi√®re l’√©claire sur le chemin de la solitude, celle de la jeune Aurora, gamine orpheline qui va l’accepter et le guider sur la bonne voie. Encore une fois, cette enfant au milieu des monstres est une constante dans l’univers du r√©alisateur que l’on retrouvera ensuite dans l’Echine du Diable et √©videmment dans le Labyrinthe de Pan. Cette gamine dans un univers fantastique nous rappelle aux sombres contes qui ont du berc√© notre enfance et Del Toro a certainement √©t√© beaucoup influenc√© en ce sens par les fr√®res Grimm.

Si sa r√©alisation n’est pas encore aussi enlev√©e que celle de Blade II ou Hellboy II. Guillermo Del Toro impose aussi d√©j√† certains √©l√©ments graphique de son univers. Que ce soient les m√©canisme d’horlogerie que l’on retrouvera dans Hellboy II, la blancheur de ses cr√©atures mill√©naires (le vampire blanc de Cronos, l’ogre de Pan, les elfes de Hellboy 2) ou la tronche patibulaire de Ron Perlman (fid√®le du r√©alisateur), mais aussi l’humour, tout est d√©j√† l√†.

Si Cronos ne marquera pas les esprits, il restera donc tout de m√™me un film indispensable √† la filmographie de l’un des r√©alisateurs et cr√©ateur d’univers fantastiques les plus courus d’Hollywood en ce moment. Tous ses th√®mes sont pr√©sents dans ce film d√©butant mais finalement riche et passionn√©. La marque de fabrique de Guillermo Del Toro est l√†, et n’en finira pas de s’imposer d’une mani√®re fantastique.

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