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Pontypool, critique

posté le 26/11/2010 FredP

Encore une fois, parmi la plĂ©thore de films qui dĂ©barque directement en dvd, on peut trouver quelques petits bijoux. Pontypool est de ceux-lĂ , une bonne petite surprise d’horreur indĂ© audacieuse et relevant bien l’un des problèmes de notre sociĂ©tĂ©.

Quelle horreur pour Grant Mazzy. Après avoir avoir Ă©tĂ© star de la radio nationale, le voilĂ  en prĂ©-retraite dans la petite station locale de Pontypool. Mais ce matin rien ne va se passer comme prĂ©vu. Au fur et Ă  mesure des tĂ©moignages extĂ©rieurs, il s’aperçoit que la population locale a Ă©tĂ© infectĂ©e par un Ă©trange virus. EnfermĂ© dans le studio avec ses deux collègues, il va raconter ce qu’il se passe et comprendre d’oĂą vient vraiment le mal.

Vous l’aurez compris, il s’agit lĂ  d’un huis clos horrifique original et plutĂ´t bien menĂ© oĂą l’Ă©conomie de moyens n’entraine pas l’Ă©conomie de crĂ©ativitĂ©, loin de lĂ . Ainsi on ne sortira pas de cette station de radio canadienne et nous n’aurons un aperçu de ce qu’il se passe Ă  l’extĂ©rieur qu’Ă  travers les tĂ©moignages des correspondants. Si on se pose Ă©videmment la question d’une blague potache au dĂ©part, le sujet devient très vite sĂ©rieux et la tension monte dans la station, seul repère contre le mal qui frappe les habitants de Pontypool. Entre panique, survie et envie de comprendre ce qu’il se passe, notre curiositĂ© est frappĂ©e de plein fouet. Au fur et Ă  mesure nous apprendrons un peu plus sur les causes de l’infection et le dĂ©cor du film n’y est alors pas anodin. Alors que l’on penserai qu’il s’agit d’un nouveau film de zombies, le rĂ©alisateur Bruce McDonald (avec l’appui du roman de Tony Gurgess et la maitrise du rĂ©cit impeccable) dĂ©tourne allègrement le genre et ses code pour faire passer un message tout autre.

Parce que si il est question d’infectĂ©s dans le film, on n’en voit quasiment pas (ce qui laisse leur apparition choc et inattendue) et mĂŞme sans gore,  la menace est toujours pesante. L’intĂ©rĂŞt du film se situe bien ailleurs et les protagonistes le comprennent bien Ă  mesure que l’histoire avance. Ici on parle bien de communication et d’information. Comment l’information est dĂ©formĂ©e par les mĂ©dias et du coup la vĂ©ritable signification des mots. Ce dont nous parlons a-t-il vraiment un sens ? Et du coup, notre monde tourne-t-il rond ? A l’ère de twitter et de la rapiditĂ© d’information, on ne prend mĂŞme plus le temps de regarder nos sources et la rumeur enfle maintenant plus vite que jamais, incontrĂ´lable, sans intĂ©rĂŞt, sans signification, comme un virus. VoilĂ  au fond de quoi parle le film et prendre alors un vieux briscard comme Grant Mazzy (excellent Stephen McHattie Ă  la voix qui traverse les entrailles !) comme rĂ©sistant Ă  cette infection reprĂ©sente bien un système dans la dernière phase de mutation.

IndĂ©pendant, intelligent, aux allures zombiesque, pas Ă©tonnant que ce Pontyool ai Ă©tĂ© apprĂ©ciĂ© dans un paquet de festivals. Depuis, sa rĂ©putation n’a cessĂ© d’enfler, un 2e volet est prĂ©vu et sa sortie en dvd en France lui donne enfin une chance de se faire connaitre. C’est bien ce qu’on appelle une dĂ©couverte, Ă  vous d’en parler en trouvant les bons mots.

publié dans :Cinéma DVD

  1. 26/11/2010 Ă  10:40 | #1

    oh yeah!!!! Pontypool Pontypool, this is radio Pontypool.

  2. 28/11/2010 Ă  12:27 | #2

    Bon sang j’avais l’occasion de l’acheter Ă  bas prix et j’ai hĂ©sitĂ©…y a des fois oĂą on a envie de se foutre des beignes!!