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Lovely Bones, la critique

posté le 17/02/2010 FredP

lovely bones

Avec the Lovely Bones, Peter Jackson éprouve des émotions et le montre en réalisant un film 2 en 1, naviguant entre le bon et la guimauve.

lovelybones-firstposter-fullsizeAvant King Kong et le Seigneur des Anneaux, après Bad Taste, Peter Jackson s’Ă©tait dĂ©jĂ  essayĂ© (avec rĂ©ussite) au drame Ă©trange avec CrĂ©atures CĂ©lèstes. Après ses 2 films poids lourd, il dĂ©cide de prendre un peu de repos et retourne donc Ă  la simplicitĂ©.

The Lovely Bones est donc l’adaptation du roman Ă  succès d’Alice Sebold. L’histoire d’une gamine assassinĂ©e et piĂ©gĂ©e dans l’entre-deux monde qui sera le tĂ©moin de la lutte de sa famille pour faire face Ă  sa disparition. Une histoire o combien touchante sur le papier. Et avoir Peter Jackson pour mettre en image ce conte Ă©tait une bonne idĂ©e. On comprend tout de suite ce qui a intĂ©ressĂ© le rĂ©alisateur nĂ©o-zĂ©landais (en dehors d’offrir un petit cadeau Ă  sa femme) : une vision fantasmagorique de la mort.

Car tout l’intĂ©rĂŞt du film est la vision que nous offre Peter Jackson de l’au-delĂ . Pas encore le Paradis, ni l’Enfer, la jeune  Salmon erre dans un entre-deux mondes magnifique, entre les peintures d’Au-delĂ  de nos rĂŞves ou les dĂ©lires d’un Terry Gilliam, ce purgatoire navigue entre le magnifique, le sombre en frĂ´lant parfois le ridicule. Mais cette vision onirique portĂ©e par la musique aĂ©rienne de Brian Eno est un vrai plaisir pour les yeux. La jeune et talentueuse Saoirse Ronan nous permet d’ailleurs d’aborder ce monde et d’y pĂ©nĂ©trer avec Ă©merveillement.

temp1911Face Ă  cela, de retour dans la rĂ©alitĂ©, Peter Jackson dresse le portrait d’une famille qui commence Ă  se dĂ©chirer après l’assassinat de la jeune fille. La mère ne l’accepte pas, le père veut la peau du tueur. Mais ils n’oublieront pas leur fille, ils devront juste vivre avec le souvenir de cette gamine qui n’aura pas pu vivre tout ce qu’il y a Ă  vivre. Si Rachel Weisz fait, comme d’habitude bien son job, Mark Wahlberg est fidèle Ă  lui-mĂŞme, c’est Ă  dire peu expressif et c’est bien dommage. Face lui, l’arrivĂ©e de Susan Sarandon est salutaire et plutĂ´t comique. Enfin, Stanley Tucci dans le mauvais rĂ´le du tueur est prĂ©sent mais finalement peu effrayant avec un gros manque de charisme. C’est dommage pour maintenir un suspens qui n’existe pas.

Avec les deux facettes de cette histoire, Peter Jackson est un peu le cul entre deux chaises. D’un cĂ´tĂ© il peut se permettre beaucoup de libertĂ©s visuelles qui rendent le film intĂ©ressant, de l’autre le drame humain de la famille plombe le film et prend beaucoup trop son temps pour avancer. Face Ă  la poĂ©sie de l’histoire de la jeune Salmon, l’autre versant ne verse pas suffisamment dans le drame ou le frisson pour faire contraste et l’ensemble est du coup trop lisse et manque de personnalitĂ© pour du PJ. Dommage, surtout lors qu’arrive le final trop rempli de guimauve.

The Lovely Bones, c’est donc surtout l’histoire d’un rendez-vous manquĂ© avec Peter Jackson qui, si il est intĂ©ressant visuellement, est cette fois trop formatĂ© pour marquer le spectateur. C’est dommage, mais on garde confiance. Notre nĂ©o-zĂ©landais prĂ©fĂ©rĂ© se rattrapera au prochain.

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