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Culte du dimanche : Brazil

posté le 17/10/2010

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Si il y a bien un film qui marque dans l’√©trange carri√®re de Terry Gilliam, c’est bien Brazil, absurde, po√©tique et visionnaire, culte parmis les cultes. Retour sur le film dystopique le plus fou.

A l’origine de l’inspiration de Terry Gilliam pour cette dystopie, il y a bien entendu le 1984 de George Orwell (Brazil devait d’ailleurs au d√©part se nommer 1984 1/2). Nous nous retrouvons donc dans un syst√®me totalitaire gouvern√© non pas par un grand despote mais par une bureaucratie extr√™me o√Ļ chaque fait et geste donne lieu √† une montagne de paperasse difficile √† surmonter et o√Ļ la seule possibilit√© d’√©chapper √† ce cauchemar ambiant pour Sam Lowry est de se r√™ver en h√©ros ail√©, au secours d’une princesse en d√©tresse.

On connait bien aujourd’hui l’univers compl√®tement barr√© de Terry Gilliam qu’il avait commenc√© √† introduire au sein des Monty Python mais c’est bien Brazil repr√©sente la quintessence de son imaginaire et de son cin√©ma. Le film repr√©sente un monde domin√© par l’administration, reflet de notre monde mais aussi du combat permanent du r√©alisateur contre ses producteurs. Tous les ingr√©dients de Gilliam sont l√† (le r√™ve, les personnages √©tranges, l’absurde, les personnages √©tranges, la fantaisie, l’√©chappatoire √† la grisaille du monde) et se retrouveront ensuite dans son Ňďuvre, du Baron de M√ľnchhausen au Dr Parnassus en passant par l’Arm√©e des 12 Singes.

Il faut dire que le film est tout ce qu’il y a de plus riche. Gilliam imagine vraiment un monde sombre o√Ļ la musique latino Brazil semble √™tre le seul rayon de lumi√®re au milieu de la grisaille de la bureaucratie absurde qui r√®gne. Tuyauterie apparente devenue la norme esth√©tique de l’habitat, bureaux impersonnels que doivent m√™me se partager 2 employ√©s, lourdeur de la paperasse, ne serait-ce que pour appeler un plombier. Finalement, il n’est pas √©tonnant que le h√©ros plonge dans ses r√™ves o√Ļ il s’imagine comme un guerrier volant, devant combattre monstres et samoura√Įs pour secourir la belle et sortir de cet enfer. Naviguant entre le un monde sombre, cruel et impersonnel et folie¬† visuelle absurde et po√©tique, Gilliam trouve le ton juste pour parler des probl√®mes de notre soci√©t√© en 1985 et nous offre une vision sous influences (1984, Metropolis, Kafka, Kurosawa, Kubrick) mais aussi terriblement personnelle qui fait de Brazil une Ňďuvre singuli√®re.

Une Ňďuvre d’ailleurs tellement personnelle et pessimiste sur notre syst√®me que les producteurs ont eu beaucoup de mal √† la ¬ę¬†vendre¬†¬Ľ. Pris par la peur d’un √©chec monumental, ils rechignent √† sortir le film et commandent alors √† Gilliam une fin positive. Ce que l’ex-Monty Python fera dans un premier temps, avant de proposer sa version aux journalistes qu’il sortira peu de temps apr√®s avec la fin originale, beaucoup plus sombre mais donnant pleinement son sens √† l’histoire et √† sa vision onirique et rendant Brazil tout simplement culte.

Dans cette vision, Gilliam est √©videmment aid√© par des acteurs talentueux avec ne premier lieu un Jonathan Pryce excellent en agent de l’administration prit dans cette spirale infernale et Robert DeNiro compl√®tement barr√© en plombier terroriste, sans oublier Bob Hoskins tr√®s √† cheval sur la paperasse qui √† se mettre compl√®tement dans la merde (au sens litt√©ral !) ou Ian Holm en sup√©rieur hi√©rarchique absurde. Il faut √©galement saluer la qualit√© des effets visuels de George Gibbs qui donne vie aux r√™ves de Terry Gilliam et nous font plonger dans cet enfer futuriste de mani√®re surr√©aliste.

Aujourd’hui, ce visionnaire Brazil est encore visionnaire, d√©non√ßant les exc√®s absurdes de l’administration et une p√©riode sombre dont (presque) seul le r√™ve peut nous permettre de nous √©vader. Plus d’actualit√© que jamais, le film ne vieilli que tr√®s peu et permet toujours de multiples interpr√©tations, confirmant son statut de film culte et nous rappelant sans cesse que Terry Gilliam est un cin√©aste maudit mais exceptionnel.

publié dans :Cinéma Culte du dimanche

  1. 17/10/2010 à 13:51 | #1

    Ne connaissant pas le terme ¬ę¬†dystopie¬†¬Ľ, j’ai cherch√© la d√©finition : ¬ę¬†r√©cit de fiction peignant une soci√©t√© imaginaire, organis√©e de telle fa√ßon qu’elle emp√™che ses membres d’atteindre le bonheur, et contre l’av√®nement de laquelle l’auteur entend mettre en garde le lecteur¬†¬Ľ.
    C’est tout √† fait √ßa !
    Terry Gilliam aime confronter des personnages idéalistes à une réalité prompte à briser leurs rêves.
    Je suis impatient de voir sa version de Don Quichotte(si elle sort un jour !), projet que Gilliam a annoncé avoir repris.

ÔĽŅ