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Agora, la critique

posté le 06/01/2010 FredP

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Le cinĂ©ma espagnol est surprenant et c’est Alejandro Amenabar qui en donne encore un exemple en s’attaquant au pĂ©plum avec Agora.

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Les pĂ©plums se font rares ces derniers temps. Alors quand il y en a un au cinĂ©, on y va. Et lĂ , on voit que c’est Alejandro Amenabar qui s’en occupe. Notre curiositĂ© est donc piquĂ©e. Un espagnol qui bĂ©nĂ©ficie d’un gros budget pour rĂ©aliser un pĂ©plum, c’est assez inĂ©dit, d’autant plus quand on voit les thèmes abordĂ©s ici.

En effet, dans Agora, Amenabar s’intĂ©resse au sort de la ville d’Alexandrie (citĂ© de pensĂ©e bien connue de l’antiquitĂ©) lors de la montĂ©e du christianisme. Et, au delĂ  de la reconstitution impeccable de la ville, le choc des cultures est donc assez rude entre paĂŻens, chrĂ©tiens, juifs  et  philosophie. Un contexte complexe que le rĂ©alisateur met en avant avec humanitĂ© et sans prendre position (avec un regard objectif comme si il s’agissait de la vision de quelqu’un/quelque chose au dessus de nous) incitant grandement Ă  la rĂ©flexion sur notre humanitĂ©. Amenabar nous offre une mise en scène inspirĂ©e pour mettre tous ces thèmes en avants.agora poder Un contenu assez dense (religion, pouvoir, dĂ©couvertes scientifiques, amour et amitiĂ©) qui trouve toutefois le bon Ă©quilibre sous le talent de conteur du rĂ©alisateur qui ne basculera ni dans l’Ă©litisme ni dans le pathos que pourraient engendrer l’histoire.

En cela il est Ă©galement aidĂ© par des comĂ©diens talentueux au jeu rĂ©aliste. Au milieu de ce conflit religieux nous retrouvons donc la magnifique Rachel Weisz dans le rĂ´le d’Hipathie qui place la philosophie et les sciences au dessus de tout pour prĂ©server la paix alors que le fanatisme religieux est Ă  son paroxysme. Encore une fois, l’actrice est parfaite, Ă  la fois forte et touchante.
agora - pasionA ses cĂ´tĂ© il n’y a que des rĂ´les masculins avec notamment Max Minghella et Oscar Isaac, tous deux Ă©pris de la belle et devant chacun faire le choix entre leur religion et leur amour pour la philosophe controversĂ©e. Des dilemmes prenants qui changeront leurs destinĂ©es et qui se rĂ©vĂ©leront plus intĂ©ressants dans la seconde partie du film.

Au final, ce pĂ©plum sous la camĂ©ra d’Alejandro Amenabar sera bien plus qu’un simple film de sandales et jupons. Agora est une vĂ©ritable rĂ©flexion sur les conflits religieux encore prĂ©sents dans notre monde aujourd’hui. Un très beau film qui mĂ©rite amplement son succès espagnol (et ce n’Ă©tait pas gagnĂ© pour un film portant sur la religion dans ce pays très pieux !). Une nouvelle Ĺ“uvre forte qui rend les filmographies de son rĂ©alisateur et de son actrice encore plus intĂ©ressantes.

publié dans :Cinéma Critiques ciné

  1. 07/01/2010 Ă  13:55 | #1

    On est d’accord, très bon film, et surprenant en plus de la part d’Amenabar qui est bien capable de gĂ©rer un budget colossal…